PROGRÈS DES INDUSTRIES DE LA LAINE. 119
réunit celles d’égale longueur, les parallélise et les soude parla juxtaposition pour reformer un ruban peigné dans tous lessens. Remarquons incidemment que c’est en opérant sur lesfilaments en quelque sorte isolés, que l'auteur a pu se passerde l'intervention de certains éléments auxiliaires, indispen-sables à tous les autres procédés, et peigner la laine, parexemple, sans le secours de la chaleur.
« Les propriétés de la machine sont telles, que les fibrilles lesplus courtes, mêlées aux impuretés constituant les étoupes, lesblouses, ou les déchets du coton réservés jusqu'ici à l’action dela carde, peuvent être peignées désormais.
« Cette faculté toute nouvelle de travailler, avec un égal succès,des filaments d’une longueur quelconque, non-seulement desmatières usuellement peignées, mais aussi celles qui n'avaientété transformées de la sorte avant l’invention Heilmann, a eudes conséquences inespérées pour l’industrie. Des déchets sontdevenus ainsi propres aux fils les plus estimés.
« L'inventeur range, par le fait, toutes les substances textilesen un certain nombre de catégories basées sur les longueurs,et pour lesquelles il établit autant de types ou formats de dé-méloirs et de peigneuses. Le volume des organes, le règlementet l'amplitude des mouvements sont nécessairement en rapportavec les dimensions des fibres à ouvrer.
« La supériorité du système nouveau sur ceux qui l’ont pré-cédé est si tranchée, que son emploi a été le point de départd’une phase nouvelle de progrès dans les arts textiles en général.
« Le génie de Heilmann paraît s’être résumé dans cette der-nière œuvre de sa vie. Des démonstrations géométriques aussineuves qu’ingénieuses en exposent le principe; plusieurs solu-tions élégantes et sûres, et des combinaisons de détails d’uneprécision mathématique en assurent la réalisation,
« Le succès inouï de la nouvelle méthode de peignage a pro-voqué les recherches, et fait surgir de nombreux essais; mais