190 PREMIÈRE PARTIE,
jusqu'ici, ou leurs résultats sont moins parfaits et moins géné-raux, ou les moyens participent de ceux de Heilmann.
« Par le caractère de sa dernière invention comme par l’en-semble du progrès que l’industrie lui doit, Josué Heilmann estle digne continuateur des Vaucanson, des Jacquard et desde Girard.
« Son œuvre, après avoir traversé les phases plus ou moinspénibles réservées surtout aux grandes découvertes, fait au-jourd'hui le profit de toutes les nations industrielles dumonde. Il fut plus heureux cependant que la plupart de sesdevanciers. A peine la contrefaçon crut-elle pouvoir se pro-duire au loin, que les tribunaux en furent saisis. La justiceanglaise n’hésita pas entre le devoir et un faux amour-proprenational; elle constata, d’une manière éclatante, les droits del'inventeur français à l’œuvre qu’on voulait lui ravir. Ce juge-ment, célèbre dans les annales industrielles, restera commeune preuve de l’impartialité des magistrats anglais, et de laconstatation irrécusable de l’originalité de l’invention de notrecompatriote.
« L'exploitation de la nouvelle peigneuse remonte à quelquesannées seulement; cependant il serait difficile de se rendrecompte de l'importance des résultats obtenus, si nous n’expo-sions un certain nombre de faits constatant les progrès dont lesdiverses spécialités de la filature lui sont redevables,
« Application à l’industrie des laines.— Notre importanteindustrie des laines lisses eût été sérieusement menacée parl’élévation croissante des cours de la matière première, si leprocédé nouveau ne lui fût venu en aide en augmentant d’unemanière notable la quantité et la qualité du rendement, et endiminuant les frais de plus de 100 pour 100. De 2 fr. 50 c. quecoûtait en moyenne, précédemment, le peignage imparfait de1 kilogramme de laine, il est descendu à 1 franc pour un tra-vail d’une rare perfection sans que les salaires en aient souf-