132 PREMIÈRE PARTIE.
multanément, et chaque métier peut remplacer douze à qua-torze onvriers sans que la perfection du résultat en soit amoin-drie. Les progrès réalisés dans cette branche de la constructionsont, tels, que les mécaniciens de Troyes et des environs tra-vaillent pour presque toutes les contrées étrangères.
Dans la fabrication des châles, problème considéré pen-dant longtemps comme insoluble, le spoulinage mécanique areçu plusieurs solutions industrielles plus ou moins précises at-testées par des articles commerciaux qui, par leurs caractères,peuvent être classés entre le travail du crochetage des beauxtissus indiens remarquables par la solidité et la multitude descouleurs et nos imitations au métier, tissées d’une lisière à l’au-tre de l’étoffe par des fils teints lors même qu’ils ne doivent ap-paraître que sur une minime fraction de cette largeur. La com-plication et la dépense est dans ce cas en raison du nombredes couleurs. De plus, l’accumulation de celles-ci à l'envers dela pièce la rendrait d’un poids impossible si l’on n’enlevait lesparties flottantes par un découpage. Malgré tous les progrèsréalisés dans la composition des dessins et dans toutes les par-ties de la fabrication des châles français, ils conservaient parconséquent une infériorité intrinsèque comparés à ceux del'Inde. Le spoulinage mécanique, réalisé déjà sur une certaineéchelle par des procédés divers, fera disparaître peu à peu ladifférence entre les deux systèmes. MM. Deinerous, Hébert,Durand, Fabart, Souvraz, sont les industriels qui ont le pluscontribué à la réalisation de ce progrès, dont les applicationspourront passer du travail du châle à d’autres articles du tissagefaçonné. -
Si des moyens techniques nous revenons au mouvementcommercial pour nous rendre compte du progrès, nous remar-quons un accroissement marqué dans presque toutes les bran-ches, mais surtout dans celles des tissus mélangés. Le matériel
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estimé en 1851 à 850,000 broches, paraît avoir atteint un