PROGRÈS ET DÉVELOPPEMENT DES LAINES. 137efforts des éducateurs. La production des laines, appropriée auxbesoins les plus recherchés de l’industrie, peut donc être consi-dérée, avec juste raison, comme une véritable fabrication. Lanégligence de l'application des règles laborieusement conquisespar la science expérimentale; la diminution des troupeaux etde la qualité de leurs produits, dans une même contrée, oules progrès faits dans une autre, dont l’histoire nous offre de sifréquents exemples, viennent à chaque pas attester la vérité deces considérations, qui ne trouvent, d’ailleurs, plus de contra-dicteur.
Les laines de l’Italie, de l’Espagne et de la Gaule, tant van-tées autrefois, du temps des Romains, ont peu à peu dégénéré;celles de la France étaient devenues tout à fait inférieuresau quatorzième siècle, tandis que la plupart des nations voi-sines en fournissaient encore d’excellentes, grâce aux moyensspéciaux auxquels ils avaient recours. Une sélection intelligenteparmi les béliers et les brebis, et l’accouplement de celles-ciavec des mâles à toisons estimées, constituaient et constituentencore le principe fondamental sur lequel repose le perfection-nement des races. L'application de ces moyens a dû être réa-lisée, dans chaque cas, d’après les indications physiologiquesspéciales en rapport avec les conditions climatériques et at-mosphériques des pays‘où l’on poursuivait la solution duproblème. Les disproportions physiques entre les conjoints;l’union d’animaux trop jeunes ou mal conformés, dans desrégions trop humides ou trop sèches, doivent être évités.Les conditions de pacages, de pérégrinations, d'alimentation,de stabulation, de séjour plus ou moins prolongé dans tel ou tellieu, la nature du sol, des aliments; le mode de tonte, de la-vage; les rapports du poids de la viande à celui de la laine, sontautant d’éléments que l’éleveur éclairé doit prendre en considé-ration. Les anciens paraissent avoir été pénétrés de tous cespoints, et les ont sans doute mis scrupuleusement en pratique,