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Tome premier.
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138
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138 PREMIÈRE PARTIE,

si l’on en juge par le degré de perfection auquel leurs lainesétaient arrivées. Mais les malheurs des temps sont trop souventvenus troubler les occupations pacifiques, produire des lacunesdans les meilleures traditions et amoindrir ainsi les revenusles plus clairs d’une contrée. C’est probablement là l’explicationde la dégénérescence première des laines d’Espagne, et la né-cessité où ce pays s’est trouvé, au quatorzième siècle, de ravivercette source de son ancienne prospérité, que les Maures avaientsu si heureusement développer, L'expulsion de ce peuple a étél’une des causes de l’amoindrissement dans les qualités et lesquantités des laines d'Espagne. Le gouvernement fit venir dela partie la plus septentrionale de l’Afrique, de la Barbarie, uncertain nombre de béliers et de brebis réputés pour les grandsprofits qu’ils rapportaient à leurs propriétaires. L'origine de cesanimaux leur fit donner le nom de ganudos-merinos, troupeauxd'outre-mer, selon un auteur espagnol, et le nom de mérinosest resté à la race célèbre qui s’est propagée depuis et qui adonné les meilleures laines espagnoles,

La domination des Arabes, qui faisaient leur principale res-source de l'élève des troupeaux, avait, d’ailleurs, laissé deprécieux errements dans le pays. On cite en effet, dès le sep-tième siècle, des associations privilégiées de bergers chez cettenation.

L'introduction des troupeaux de belles qualités, au quator-zième siècle, est probablement une des premières mesures,prises souvent depuis, lorsqu’on s’apercevait de l’abâtardisse-ment des races indigènes. L'Espagne dut revenir à ce moyensous le gouvernement de Ferdinand, Elle introduisit de nou-veaux béliers, de la plus belle espèce, des Etats barbaresques,C’est à ces introductions réitérées, aux conditions climatériques,aux pacages les plus favorables et à une expérience séculairedes soins les plus rationnels à donner aux moutons, que leslaines d’Espagne ont dû leur réputation universelle.