APPRÊTS VELOUTÉS. 349
Elle consistait dans le couchage du poil dans le sens vouluAprès la tonte et le brossage, au moyen d’une planche ou tuiledont l’une des surfaces était enduite d’un mastic de résine, degrès pilé et de limaille de fer tamisée, le tout mêlé et broyé deManière à prendre la consistance d’uné pierre. Des ouvriersPromenaient régulièrement d’un bout à l’autre du drap tendu,Plus ou moins humecté, et avec une certaine pression, le côtéde la tuile ainsi préparée, pour coucher uniformément le duvet.La vignette, pl. XLII, montre un homme pratiquant cette opé-tation.
On eut bientôt l’idée, au lieu d’agir avec la tuile constam-ent en ligne droite, parallèlement aux lisières, d'opérer parUn mouvement circulaire assez rapide; on en obtint l'effet par-tleulier du ratinage qui devint à la mode, et comme l’opérationà la main était lente et fatigante, on imagina une machine fortingénieuse, qui consiste en une table fixe, sur laquelle passe,SOus une certaine tension, le drap-à friser à l’endroit. Sur cettetable était assemblée la tuile, au-dessous d’une surface de pres-Sion. Les pièces inférieures, table et tuile, recevaient un mou-Yement oscillatoire excentrique au moyen d’un pivot courbéYerticalement, placé dans une encoche assez spacieuse pourPermettre la translation en question; le mouvement de ce pivotlui était imprimé par un arbre vertical dont il formait l’ex-trémité supérieure. Cette machine paraît avoir été construiteên Hollande, pendant le dernier siècle, à une époque où lalabrication des lainages était très-prospère dans cette contrée.Les premières applications en France semblent en avoir étéfaites à la manufacture royale des Andelys, Quoi qu’il en soit,le principe du ratinage n’a pas été changé; on a seulementPerfectionné la construction et les transmissions de la ma-Chine, conformément à la description suivante.