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L’arbre qui les produit, maintenant très-répaudu dans le midi del’Europe et dans l’Afrique seplentriouale , est , comme on le sait ,originaire de l’Asie occidentale , d’où il fut introduit à Rome , sui-vant Pline (i) , par Sextus Papinius, sous le règne d’Auguste .
Le Zjziphus jujuba , espèce très-différente qui habite l’Inde ,malgré Je nom spécifique que Linné lui a donné , ne fournit pas lesjujubes du commerce; ses baies, plus grosses et d'une couleur jaunâ-tre, servent d’aliment dans l’Inde et dans les Moluques , quoique leurgoût soit , dit-on-, moins doux et moins agréable que celui des vraiâjujubes. Mais il paraît, d’après Rumphius, que leur goût et leurgrosseur varient beaucoup suivant les localités; ou peut-être plusieursespèces sont-elles confondues sous ce nom ( 2 ). Il eu est de mêmedu Zizjphus spina-christi, qui habile l’Egypte et l’Arabie , et dontles baies fournissent aux habitans de ces contrées une nourriture très-agréable. Enfin Tune des espèces les plus remarquables sous le rapportalimentaire, est, sans aucun doute, le Zizjphus lotus, que les bellesrecherches de M. Desfontaines ont prouvé être le véritable Lotus,indiqué parles anciens auteurs, et particulièrement par Théophraste ,comme formant la nourriture principale des habitans d’une partiede la Ljbie, nommés par cette raison Lotophages (3J.
L’excellente description de cet arbrisseau, donnée par Polype, nelaisse aucun doute à cet égard; d’autant plus qu’on sait maintenant,par les voyages de M. Desfontaines et de M. Poiret, que cet arbre
( 1 ) Pline, liv. i5 , chap. i4-
( 3 ) Rumphius, en décrivant une autre espèce de ce genre ( Zizyphus napœeaL. , T'idara liüorea Rdmph. , t. 3 , p. 119, tab. 3?) , remarque un fait curieux,c’est que la pulpe de ce fruit est bonne à manger, quoique d’un goût moinsagréable que celle de l’espèce précédente, mais que les graines, au nombre detrois, suffisent pour donner des vertiges et produire une purgation assez forte.
(3) Nous devons rappeler ici que le nom de Lotos a été appliqué par les au-teurs anciens à plusieurs autres plantes, telles que le Njmphaea lotus et leNelumbo ; il u’est question ici que du Lotos des Lotophages.