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Les arbres et arbrisseaux d'Europe et leurs insectes / par J. Macquart
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nom (1), qui, dans les premiers siècles de la monarchie, compre-naient encore les deux tiers du territoire français, et qui se sontréduites successivement au neuvième, cest-à-dire, à six millionsdhectares, les forêts faisant place à lagriculture, cétait labarbarie reculant devant la civilisation. Cependant, elles entrentadmirablement dans lcconomic générale du globe ; maintenuesdans une certaine proportion, elles servent la civilisation elle-même, elles font partie de la richesse des peuples ; leur conserva-tion est donc d'utilité publique. Elles sont dailleurs la plus belleparure de la terre. Quel charme derrer dans une forêt en par-courant tantôt sa lisière parfumée de violettes ou de fraises,tantôt ses taillis touffus, ses charmantes clairières, ses futaies auxdômes majestueux, en explorant les productions de cette féconde

Fidélia avait en effet exercé sur le jeune Gantois un charme irrésistible,elle avait été lamie de son enfance, la compagne de ses jeux, son émuledans les succès scolaires; une secrète sympathie les rapprochait sanscesse ; on les rencontrait souvent ensemble, animés de la même pureté desentiments, exerçant la bonté de leur coeur, comme Paul et Virginie allanten tremblant demander à l'impitoyable colon la grâce do la pauvre négressefugitive.

Lenfant, ladolescente était devenue une jeune fille à la fois belle etjolie, à la taille souple et élancée, aux yeux bruns pleins de vivacité etde douceur, à la physionomie animée par lesprit et le sentiment, au sourireenchanteur, au doux parler, même dans cet idiome rocailleux quonappelle le flamand qui, malgré sa dégradation , nen est pas moins fils dela belle langue de Klopstoclc, de Gœthe et de Schiller.

Enfin le père dut céder aux instances, à la persévérance de son fils ,et peut-être à lenchantement que produisait Fidélia sur lui-même; lajeune femme devenue mère de famille continue a mériter lestime etl'affection quinspirait la jeune fille. Son mari lire parti de son instruction,il sest fait arpenteur, il donne une partie de son temps au percepteurinfirme, le greffier l'emploie quand il est surchargé , il est le conseil detout le village ; cependant il nest pas riche, il nest quheureux

Cette espèce didylle s'est produite sous lombrage des arbres dun beauverger et dans l'intérieur d'une humble habitation , avec une innocence,une pureté de mœurs dignes des bergers de Théocrite, de Virgile et deCcssner.

(1) En langue celtique, Gaul signifie bois. Cependant, suivant Cluverius,Gaulois vient du mot celtique Galien , voyager.