Buch 
Les arbres et arbrisseaux d'Europe et leurs insectes / par J. Macquart
Entstehung
Seite
24
JPEG-Download
 

nature; de gravir ainsi les flancs des collines, de découvrir toutà-coup à ses pieds une vaste plaine avec ses cultures, ses villages,sa rivière serpentant au milieu des prairies émaillées de fleurs.

Quel puissant intérêt sattache aux forêts dans les phénomènesquelles ont la mission dopérer. Elles purifient lair par leurs gazvivifiants, améliorent le sol par leur feuillage transformé en hu-mus , modèrent la température en formant des abris contre laviolence des vents, des froids, des chaleurs ; elles dirigent les mé-téores, attirent les tempêtes et la foudre en les détournant desplaines cultivées ; enfin elles attirent et retiennent les vapeursatmosphériques sur les montagnes et les condensent en sources ;elles les économisent et en régularisent la distribution en ruisseauxqui descendent par mille détours, se réunissent en rivières, enlleuves , et répandent sur leurs rives la fraîcheur et la fertilité ;tandis que les défrichements sur les montagnes laissent le solsans résistance contre les pluies, la terre cède sous le choc, des-cend la pente , va envahir la plaine, laisse la montagne chauvepour toujours, et, au lieu de paisibles ruisseaux, les eaux se pré-cipitent en torrents dévastateurs. Protégeons donc les forêts con-tre la cupidité et lignorance. Au grand principe que lune etlautre mettent en avant, que lon doit défricher partout le soldoit produire plus en culture quen forêts, opposons non-seule-ment toutes les raisons physiques, mais encore la pénurie du bois,lintérêt public et lavenir de nos arrière-neveux qui nous devrontde beaux Chênes, de gros Ormes, sans compter leur ombrage.

Les forêts présentent encore le phénomène des apparitionsspontanées ou plutôt de rotations naturelles dessences succédantà dautres essences. Nous citerons la forêt de Trélon couverte ac-tuellement de Chênes , et qui, daprès la tradition locale , létaitautrefois de Hêtres, ce qui paraît être confirmé par le nom deFagne, donné à toutes les forêts dans cette partie de la France,et qui dérive évidemment du nom de fau, fayard, fagus, de cetarbre fl).

(1) Observation de M. Meugv, ingénieur des mines-