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MM. Robert et Michaux, pour guérir les arbres attaqués, particu-lièrement les Ormes et les Pommiers. M. Robert a pensé que l’onferait périr un grand nombre de ces insectes si on pouvait lesattaquer pendant la période de leur accroissement, et il a eu l’idéede pratiquer à des distances convenables, des tranchées longitudi-nales sur le tronc des arbres , afin de couper, à peu près sous unangle droit, beaucoup de galeries transversales de larves ; cestranchées détruisent toutes celles qui se trouvent sur leur trajet ;celles qui n’y sont pas encore parvenues , arrivées à ces tranchéespérissent desséchées par l’air ; enfin les bourrelets séveux qui seforment sur les bords de la coupure, restent longtemps lisses ou peurugueux, ce qui ne permet pas aux femelles de s’abriter dans desanfractuosités pour y percer leurs galeries de ponte; ils amènent,en outre, une circulation plus active de la sève qui noie la femelledans sa galerie et s’extravase dans les trous occupés par les larves,ce qui les fait périr étouffées.
M. Michaux, de son côté , a fait des expériences pour constaterque l’enlèvement de bandes longitudinales d’écorce sur un arbrene nuisait pas à sa végétation, et il a reconnu que cette opérationdonnait à l’arbre plus de vigueur, en provoquant des bourreletsdans lesquels la sève circulait plus facilement que sous les écorcescouvertes de leurs parties mortes et rugueuses.
De plus, M. Robert avait eu une pensée analogue relative-ment aux bourrelets, et elle lui avait été suggérée par l’examend’un grand nombre d’arbres des Champs-Elysées, rongés par leschevaux des Cosaques, ce qui a produit des bourrelets dans les-quels aucun Scolyte ne s’est établi depuis celte époque. Frappéde ce phénomène de physiologie végétale, il a cherché à le produirepour le traitement de plusieurs Ormes attaqués des insectes, etchez lesquels il ne restait que de très-petites portions d’écorceencore vivante. Il a provoqué, par des incisions, des bourreletssur les bords de ces portions d'écorce, et il a conservé la vie à desarbres qui seraient morts sans cela. Si les tranchées sont assezrapprochées, on voit l’espace compris entre chacune d’elles , non-