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raides, les formes s’altèrent,.. Le cheval pourrait encore supporter desprivations; mais il est incapable de résister àde grandes fatigues (1). »
Malgré tout, il n’est guère possible de déterminer d’une façon quel-que peu exacte la durée moyenne de la vie du cheval. Certains chevaux,en effet, sont usés à douze ans, tandis que d’autres fournissent encoreun travail pénible à vingt ans. Cela dépend d’une foule de causes, parmilesquelles il y a surtout lieu de signaler la tardivité du développement.la taille, le service , les soins , et peut-être aussi la race et le sexe.
« La vie des juments, dit Hartmann à propos du sujet qui nous oc-cupe, est ordinairement plus longue que celle des chevaux. Cetteobservation, déjà faite par Aristote (2), répond à celle faite à diffé-rentes époques sur le genre humain, dont les femmes vivent géné-ralement plus longtemps que les hommes.
« C’est, ajoute-il encore, un signe indubitable qu’un cheval de harasest de bonne race, ou du moins qu’il est sain, lorsqu’il tarde longtempsà se former. Celui qui ne cesse de croître qu’à six ans, sept ans, sera,sauf des accidents particuliers, de bon service pendant vingt ans et audelà, etpeutmême en vivre quarante et davantage... (3). »
En ce qui concerne le service et les soins, il est évident que le chevaldont le travail est modéré et l’hygiène bien entendue a plus de chancesde vivre vieux que celui qui doit fournir un travail quotidien long etpénible, avec une alimentation insuffisante et de mauvais traitements.
Quant à l’influence de la taille, MM. Goubaux et Barrier pensent,sans en donner la raison, que les petits chevaux durent, en général,plus longtemps que les grands.
D’après Bourgelat, « on peut arbitrer la vie commune du cheval dix-huit ou vingt ans, le nombre de ceux qui dépassent ce terme étanttrès médiocre. Aristote a observé que les chevaux nourris dans lesécuries vivent beaucoup moins que ceux qui sont en troupeaux; l’étatd’esclavage et de domesticité est bien fait pour faire opérer quelquesdifférences. Athenæus et Pline prétendent qu’on en a vu vivre soixante-cinq et même soixante-dix ans. Augustus Nipheus parle encore ducheval de Ferdinand I er comme d’un cheval septuagénaire; mais cesobservations ne sont que des exceptions, semblables, dans l’espèce des
(1) Commission d’hygiène hippique, loc. cit., p. 101.
(2) Aristole, llist. animal., liv. V.
(3) Hartmann, Traité des haras, etc., traduit de l’allemand. Paris, 1788, p. 32