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dans les mâchoires, le moindre mouvement qui puisse porter à penserque ces substances ont impressionné les papilles gustatives ; en unmot, toutes les sensations semblent anéanties (1)... »

Les hémisphères cérébraux sont encore le point de départ des vo-ûtions qui commandent les mouvements; c’est ainsi que le cheval perdl’équilibre et tombe dès que ces organes sont enlevés; alors, ditM. Colin, l'affaissement musculaire est extrême, l’animal reste étendusur le côté, avec les membres dans l’extension, le cou et la tête im-mobiles, la langue pendante hors de la bouche, les lèvres basques, lespaupières baissées, les naseaux à peine dilatés, et cet étal, qu’aucuneconvulsion ne vient troubler, persiste jusqu’au moment de la mort.

Toutefois, si l’on se borne à la destruction partielle d’uu seul hé-misphère, l’animal peut quelquefois rester debout pendant un certaintemps; h ce propos, M. Colin rapporte l’expérience suivante : un âne,auquel il avait enlevé la couche superficielle du lobe cérébral droit,se tint debout pendant une heure, tout en penchant un peu à gauche.Abandonné à lui-même, il restait immobile; mais, dès qu’on venaità l’exciter par des piqûres ou des coups sur les oreilles, il se met-tait à marcher très vile. Par moments même, il tournait du côté op-posé à la lésion. En se heurtant contre les murs, il tombait; mais onparvenait sans trop de peine à le faire relever. Puis, insensiblement,la prostration ht des progrès, et bientôt il ne fut plus possible de lefaire marcher sans le soutenir.

11 y a lieu de faire remarquer que l’action des hémisphères cérébrauxsur les mouvements est croisée. C’est l’hémisphère droit qui stimuleles muscles de la moitié gauche du corps, et vice versa (par suite de l’en-tre-croisemenl des cordons blancs de l’isthme). D’un autre côté, il estbon de dire que les lésions des hémisphères produisent plus difficile-ment la paralysie sur les animaux que sur l’homme. Il y a quelquesmois, nous avons eu l’occasion de faire l’autopsie d’un cheval chezlequel, par suite d’un coup de pied dans la région du front, un abcèss’était développé à la face interne de l’os pariétal, entre celui-ci et ladure-mère, en avant de la face supérieure de l’hémisphère gauche. Duvolume d’une grosse noix, cet abcès avait tellement comprimé la subs-tance cérébrale que celle-ci, débarrassée de ses enveloppes, conservait

(1) G. Colin, lue. cil., p. 94.