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Profond commentateur de l’art militaire des anciens, il nesait qu’exhaler sa mauvaise humeur contre les tendancesde son époque! « Les armées sont devenues trop nom-» breuses, dit-il, l’artillerie et les troupes légères se multi-» plient trop ; les frontières des états sont mal à propos hé-» rissées de places sur deux et sur trois lignes; les places» sont inutilement surchargées de pièces de fortifications;» les armées devenues immenses, tant par l’augmentation» des combattants queparlesattirailset les embarras qu’elles» traînent à leur suite, sont difficiles à mouvoir. »
Homme d’un mérite éminent, mais cultivant l'art pourl'art , Guibert ne voit dans les guerres, qu’un fait isolé, sus-ceptible de se manifester en dehors des autres progrès de lanation, et se borne à en fixer les règles en ces termes : « Lao science de la guerre, en se perfectionnant, en se rappro-» chant des véritables principes, pourrait devenir plus sim-» pie et moins difficile. Alors les armées mieux constituées et•• plus manoeuvrières seraient moins nombreuses (2). » Cen’est pas que son œil pénétrant ne sache saisir ce qui doitun jour assurer la victoire. « Les armées ainsi constituées,» seraient plus faciles à régler et à conduire. On quitterait» cette manière étroite et routinière qui entrave et rapetisse» les opérations; on ferait des marches forcées; on serait» moins souvent sur la défensive (3). » Si son instinct lui faitpressentir le but à atteindre, son intelligence est trop peuouverte aux idées générales pour deviner les véritablesmoyens qui amèneront ce résultat. Tandis qu’il ne songequ’à diminuer les armées pour les rendre légères, la science
(1) Discours préliminaire, pageLXV.2) Id. P . LXVI.
(3) Id. p. LXVII.