9
de i/europe centrale.d cette fatale passion , des preuves de l’épuisement d’unenation qui se vengea cruellement en invectivant les cendresde celui qu’elle avait entouré longtemps d’un culte presquesuperstitieux.
Des commotions, des convulsions aussi terribles ne peu-vent, il est vrai, se succéder sans interruption dans la viedes peuples. Des repos, plus ou moins prolongés, leur sontaccordés, et pour voir l’expansion militaire renaître enFrance plus énergique, il faut arriver aux guerres de larépublique et de l’empire, qui éclatent à moins d’un siècled’intervalle de la mort de Louis XIY. Trente-deux levéesd’hommes, décrétées depuis janvier 91, jusqu’en novembre1813, appellent sous les armes 3,610,600 hommes. Si de cechiffre total on déduit 700,000 hommes présents sous lesdrapeaux à la fin de 1813, et environ 200,000 congédiésvalides (supposition fort large), on trouvera que la mort, lesmaladies, les mutilations de toute nature, ont moissonné,dans un laps de temps de 22 ans, plus de 2,700,000 hommes,ce qui, par an, donne une moyenne d’environ 120,000hommes.
La multiplication progressive de l’artillerie suffirait seulepour expliquer une consommation d’hommes toujours crois-sante. Ilenri IY ne possédait que 400 bouches à feu; il s’entrouvait déjà dansnos arsenaux 7,192 à la mort de LouisXlY,le 1« septembre 1715; le nombre en fut porté sous Louis XV à 8,683 ; à 10,007 sous Louis XVI , et alla jusqu’à atteindrelochifi’re colossal de 27,976 à la fin de l’empire, en 1813(1).Guibert signale cette tendance déjà inquiétante de sontemps : « Depuis la guerre de succession, dit-il, on n’avait