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mystérieuse de destruction, que les générations se sont lé-guées jusqu’à nos jours, régulièrement d’àge en âge. Toutmeurtris de secousses qui nous font illusion sur nos pro-grès en idées politiques, dominés par nos souvenirs, nousnous flattons d’extirper de nos sociétés modernes un malinvétéré, et de voir l’activité paisible d’un nouvel âge d’orsuccéder aux sanglantes manifestations de la vie militaire.Ah! loin de moi le désir coupable de retarder l’avénementd’une politique qui, assise sur les sentiments les plus pursdu cœur humain, assurerait au culte delà paix toute la fer-veur des temps anciens pour la guerre. Notre siècle, qui a res-senti tous les genresd’ambition, peut aussi prétendre intro-niser des vertus ignorées de nos aïeux, et lors même qu’unbut excéderait nos forces, c’est un tableau consolant qu’ilest parfois utile de mettre sous les yeux des nations, atind’endormir leurs souffrances par la promesse d’un remèdesalutaire. Loin donc de chercher à décourager ces mission-naires qui s’appliquent à prêcher des croisades pacifiques,nous admirons leur conliance dans de magnifiques théories,et respectant leurs convictions, lorsqu’elles ne portent pointle caractère d’un charlatanisme dangereux, nous nous asso-eionsde grand cœur à ces enseignements de la morale, quipréfèrent assigner pour mobile à la vie humaine, la création,la reproduction, plutôt que des luttes fratricides, des scènesde destruction et de carnage.
Toutefois, si, dociles à la voix de l’imagination, nous em-bellissons notre avenir des rêves les moins contestables envue de la prospérité publique, notre jugement, éclairé parl’étude réfléchie du passé nous impose de sages réserves etnous fait un devoir de ne point sortir prématurément desconditions d’existence qui nous ont été départies. Sansdoute, l’esprit de sociabilité fait chaque jour d’importan-