DKS CHEMINS DE FEU
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les conquêtes dans le monde: chaque jour les mœursmoins grossières, révèlent dans le cœur des hommesdes sentiments de bienveillance réciproque ; est-ce là ce-pendant un symptôme assez rassurant pour en conclurele présage de la fin prochaine des luttes nationales, ouseulement des guerres civiles ? Nous ne voulons pas tropaffaiblir les couleurs d’un tableau riant ; mais la pré-voyance qui, elle aussi, a son siège dans l’esprit des hommes,n’a-t-elle pas ses droits ! sufïira-t-il de rêves enfantés parl’imagination et caressés par la conscience d’hommes debien, pour donner le change aux idées et substituer à lavie pratique mêlée de beaucoup de misères et d’un peu debonheur, des théories dont la réalisation contrariée n’en-traîne que trop souvent le découragement et le désespoir,comme la lecture d’un roman dépose dans un cerveau faibleun germe de poison qui, en se développant, désenchante dela vie et pousse au suicide.
La providence n’a pas voulu sans doute que les sociétésélaborassent péniblement leur destinée pour modifier brus-quement et au profit de notre génération, hier encore livréeaux horreurs de la vie barbare, des plans mystérieux. Dofausses et inexactes appréciations ne changent pas la na-ture des relations sociales qui nous sont imposées ; laissonsdonc nos économistes érigés en publicistes, prophétiser ladisparition prochaine de la guerre et annoncer sa marchedécroissante depuis l’invention de la poudre à canon pareux. En faisant revivre au sein des familles tant de doulou-reux souvenirs, l’inflexible histoire démontre que rien n’estplus fautif qu’une telle assertion ; que tout récemment en-core, à quelques années de distance de nous, une lutte, ànulle autre semblable, a pendant vingt ans ensanglanté l’F.u-