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de e’euroi-e centrale.rope entière ; que les passions des peuples, les vices desgouvernements et le génie d’un homme se sont coaliséspour semer des milliers de cadavres sur une foule de champsde bataille. Qui pourrait oublier sitôt tant de combats meur-triers où la gloire du vainqueur a souvent été baignée d’au-tant de sang que la défaite du vaincu !
Bénissons notre destinée qui fait jouir notre génération dece moment de calme qui suit et précède les grandes crises 1n’allons pas jusqu’à en faire un hommage à notre fragileraison, qui demain peut-être nous laissera choir dans lesmêmes excès, lorsque nos passions soulevées de nouveau,se dresseront énergiques et indociles.
§ II.
Influence des chemins de fer sur la stratégie. — Transformationdes règles de la guerre.
Ce que les philanlropes ont dit de l’invention de la poudreà canon , les économistes modernes commencent à le répé-ter au sujet des chemins de fer. Auxiliaires d’une civilisationtoute pacifique, ces récentes conquêtes du génie de l’hommeachèveront disent-ils, de détruire le règne de la violence :multipliant dans l’avenir à l’infini les relations des hommesentr’eux, ils effaceront les nationalités en abrégeant lesdistancesj et étoufferont sous le poids désintérêts matérielsgrandis et rendus profitables à l’humanité entière, tous lesgermes de dissentions, les ambitions étroites ou mauvaisesdes gouvernants. Assurément aucun programme n’est pluscapable de séduire les peuples en prêtant à ces rêveries poé-tiques un souille de moralité et de majesté.