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UES CHEMINS DE 1-EI1
Hàtons-nous de le dire, alin de ne point encourir le re-proche de rétrogra des, les chemins de fer assureront auxpeuples, du moins nous l’espérons, des moyens nouveauxel plus parfaits pour accomplir leur mission providentielle.Riches de bienfaits, mais aussi cause de bien des maux,leur apparition sur la terre, en signalant une ère nouvelle,sera tour à tour l’objet des clameurs ignares des uns, del’enthousiasme irréfléchi des autres, de l’étonnement detous; puissant mode de création de richesses par suite de larapidité imprimée à la circulation, ils donneront au com-merce un nouvel essor en agrandissant le domaine de l’in-dustrie, en lui promettant le globe entier pour débouchés.L’intelligence, l’activité humaines ne furent jamais conviéesà un but si majestueux, si imposant. Maîtres absolus cettefois de toute la surface de la terre, nous pourrons avec larapidité du désir, sans autre obstacle que la fragilité de no-tre organisation physique, franchir toutes les latitudes,parcourir et interroger toutes les zônes. Quel mobile plusgrandiose pourrait émouvoir l’imagination de l’homme!
Mais tant de bienfaits que l’espérance nous fait entrevoirn’cntraîneront-ils pas à leur suite de funestes compensations ?Pourquoi les inventions présentes et futures seraient-ellesseules affranchies de ce triste cortège du mal qui accom-pagne tout ce qui est sorti de nos mains et lui imprime lesceau de notre imperfection? Par quel étrange privilègecesserions-nous d’Ctre tributaires de ce qui a pesé de touttemps sur les générations qui nous ont précédées? Craint-on que le découragement ne succède à l’exaltation et qu’a-près avoir reconnu les conditions sévères, souvent péniblesde notre existence, nous ne nous laissions aller à une tris-tesse, prélude de l’apathie ou du désespoir? Pleins d’unereligieuse conliance dans l’avenir, aussi éloignés d’orgueil-