leuses prétentions qu’incapables de blasphémer contre lesmerveilleuses conquêtes du génie humain, il serait plussage d’envisager les découvertes humaines, comme desinstruments de civilisation qui ont leur gloire et leurs dan-gers, comme des lumières qui vivifient et dévorent. C’estpar des veilles qui épuisent sa santé que l’homme s’initie àla science : les sociétés aussi achètent à un prix souventexorbitant, le droit d'être fiers de leur existence, et ce n’estjamais impunément qu’elles essaient un chemin nouveaupour s’avancer un peu plus dans la connaissance des loismystérieuses qui les régissent.
Reconnaissons-le donc, l’esprit de l’homme fait marcherparallèlement la double manifestation de sa vie ; en mêmetemps que la science invente de nouveaux moyens de con-servation, de bien-être, elle place à cùté des agents plusperfectionnés de destruction qui trop souvent allumentet séduisent nos passions plus que des besoins pacifiquesne déterminent nos mouvements. L’élude des guerres, de-puis l’introduction de la poudre à canon, prouve péremp-toirement que si l’onaentouré la vie du soldat de quelquesaméliorations ; si l’on a témoigné pour sa santé plus desollicitude, par le choix et la qualité de ses vêtements, desa nourriture et par les soins qu’il trouve dans de vasteshôpitaux admirablement dirigés, le génie de la destructions’est emparé aussi rapidement de tout ce qui était de natureà le seconder. Le perfectionnement des routes, conséquencede la richesse d’un peuple , a eu surtout pour résultat d’ac-croître les armées belligérantes , de favoriser leur concen-tration, en facilitant leur approvisionnement, de multiplierle jeu meurtrier de l’artillerie, en aidant à sa circulation.Les opérations stratégiques, depuis le XVI e siècle, ont tou-tes montré cette tendance qui aboutira un jourau triomphe