DES CHEMINS DE EEIt
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absolu de la loi do l 'unité d’action . Les hommes de guerres’appliquaient instinctivement à mettre déjà, ces règlesen pratique, lorsque Napoléon , les érigeant en principe, estvenu, par leur application raisonnée, gagner maintes vic-toires et dicter des lois à une partie de l’Europe , jusqu’à ceque ses adversaires, en lui dérobant son secret, aient su àleur tour fixer en leur faveur le sort des armes.
L’invasion des Pays-Bas, celle de la Franche-Comté parLouis XIY, sont comme les préludes de ces pointes auda-cieuses et gigantesques qui portèrent rapidement l’empe-reur du camp de Boulogne sous les murs d’Ulm , aux portesdes capitales de Prusse, d’Autriche et au-delà des Alpes ,dans les plaines de la Lombardie . Malgré les raisonnementsde tant d’écrivains qui, scrupuleux observateurs des tradi-tions, ont prétendu rattacher à une expression uniforme lesrègles d’une science, essentiellement mobile, puisque toutconcourt à sa perpétuelle modification, les généraux habilesappelés à diriger des guerres se sont montrés jusqu’à pré-sent plus préoccupés du but que des moyens, plus désireuxd’un résultat favorable qu’empressés de conquérir les suf-frages du tribunal de l’art. Novateurs entraînés par unelueur de génie, ou mus par des réflexions profondes, tousont marché vers l’élargissement des principes et ont ren-contré, pour les absoudre du jugement des casuistes , lavictoire et l’ailmiration des peuples.
Au lieu de chercher dans les chemins de fer l’applicationexagérée des idées de quelques âmes candides, ne serait-ilpas, à notre tour, plus logique d’y découvrir des propriétésqui, servant avec plus de promptitude et d’eflicacité les né-cessités d’une politique forcément aggressive ou énergique-ment défensive, exerceront désormais sur la conduite desguerres une immense influence? Avant d’allirmcr, avec une