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de l’euuope centrale.une bataille, passera dans l’esprit du général en chef, aprèsl’appréciation exacte de l’état de ses ressources, des moyensde communication existant entre les diverses parties d’unéchiquier démesurément agrandi.
L’étude des anciennes guerres nous montre la marche desconvois, les bagages, embarrassant toujours les opérationsmilitaires proprement dites. Soumis à une véritable tutèle,les généraux redoutent de donner essor à leurs inspirations.L’Empereur lui-même, trompé dans ses prévisions, déplorequelquefois, comme à Dresde , un manque de munitions quifait échouer ses combinaisons, en le forçant à une retraiteprématurée ; tandis qu’ailleurs, dévorant l’espace, il est ré-duit à faire transporter, à de grandes distances, sur de mé-chants charriots, des divisions entières, afin d’obtenir, parde tels moyens, souvent inhumains , la victoire sur plu-sieurs points à la fois. La prévoyance de l’administration,servie par des instruments plus perfectionnés, permettra,dans la suite, au génie de l’homme de guerre, d’étendre lechamp de ses opérations, sans cesser d’être fort partout.N’ayant plus à redouter l’encombrement des hôpitaux, aprèsdes marches forcées, un général en chef pourra s’avancerrésolument au-devant de l’ennemi, ou lui disputer chère-ment une position ou un passage, sans ruiner un pays par leséjour prolongé de ses troupes, sans craindre de voir sescalculs déjoués par des retards que tant de causes peuventengendrer, et surtout sans qu’un épuisement prématuré aitaffaibli son effectif. De semblables opérations, que la suiterendra vulgaires, sont en germes dans la tactique de l’Em-pereur : ainsi que Frédéric l’avait fait en 1756, alors qu’ilavait à lutter contre une puissante coalition, on le voit déjàadopter constamment une forme plus ou moins circulairepour le front de bandière des différents corps d’armée qu’il