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strategie moderne aura forcément à se préoccupcr.Nus fron-tières, accessibles à l’ennemi sur plusieurs points, vont setrouver dans des conditions différentes de celles du passé,et seront soumises désormais à un classement, subordonnéà la plus ou moins grande rapidité des communications.Des questions jadis résolues par une ou plusieurs lignes deplaces fortes, par une distance considérable entre la capitaleet le théâtre de la guerre, par la nécessité de rester unisà une base d’opération plus ou moins perpendiculaire à ladirection des colonnes en mou vement,vont faire place à d’au-tres problèmes, dans lesquels les obstacles anciens, sans dis-paraître tout à fait, seront singulièrement aplanis. Les coali-tions, et tout porte à croire que ce sera jusqu’à un nouveauremaniement de l’Europe , la forme ordinaire des luttes ar-mées, gagneront en chances de succès tout ce qu’elles pour-ront acquérir en vitesse. Si on a pu dire avec quelqueexactitude, en considérant seulement le tort de se rendreagresseur, que celui-là succombera, qui attaquera le pre-mier, tout fait présumer qu’au jour de l’action, nous seronstémoins d’un résultat complètement inverse. La rapiditédes mouvements, jointe à l’énergie des résolutions, obtien-dront brusquement des avantages qui, en doublant la con-fiance des assaillants, porteront un premier coup à l’ennemisurpris sans défense. Les armées belligérantes, pouvant dès-lors, sans se compromettre, occuper des espaces plus consi-dérables qu’autrefois, y trouvant les vivres, les abris, lesmoyens de transport qui leur sont nécessaires, renfermanttoutes les armes dans des proportions convenables auxlocalités, n’auront plus qu’à profiter des fortifications natu-relles que leurs offriront ces localités pour gagner du terrainen avant.
Plusieurs faits de notre histoire contemporaine démon-
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