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et mis sous les yeux des lecteurs les moyens stratégiques,perfectionnés, que l’Allemagne possède contre la France en cas d’hostilités, nous devons, comme complément de cesaperçus excentriques, reporter notre attention sur notrepropre situation, sur l’état de nos frontières, sur toutes lescauses qui concourent à formuler ce qu’on appelle l’art dela guerre. Notre tâche sera bien près alors d’être complète,car, après avoir exposé le côté fort de l’ennemi et notrepartie faible, la conséquence se présentera naturellement àtout esprit imparlial touché des malheurs possibles , sinonprobables, réservés encore à notre patrie. Déduit des tra-ditions, sanctionné par la science, il ne manquera, au re-mède que nous conseillerons, pas même le caractère de l’op-portunité.
En présence des résultats immenses réalisés déjà ou à laveille de l’être en Belgique et en Allemagne , il est triste d’a-vouer l’infériorité, je dirai presque la nullité de la France ,dans le tracé de ses chemins de fer ! Des efforts ont pourtantété tentés:, mais dirigés dans un esprit étroit, étouffés sousde verbeuses discussions, ils ont été un témoignage de plusde l’anarchie qui règne dans nos idées. A la (in de la sessionde 1833, le gouvernement reçut des Chambres un crédit de500,000 fr. pour être consacrés à des études de cheminsde fer. Diverses enquêtes eurent lieu, et n’aboutirent qu’àéveiller des prétentions locales et même individuelles.Au lieu des grandes lignes signalées d’abord comme de-vant réunir à Paris le llâvre, Lille , Strasbourg , Marseille et Lyon , Bordeaux et Tours, on se contenta de concéderautour de Paris quelques têtes de chemins, ou d’auto-riser dans les départements la construction de quelquesligues secondaires. Le but vraiment national fut écartéou du moins subordonné pour le moment, à des intérêts