DES CHEMINS DE FER
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Marne jusqu’à Yitry, celle de Bar à Nancy et à Strasbourg sont les voies qui unissent politiquement et commercia-lement Paris avec l’Allemagne . On ne déplace pas impu-nément des intérêts aussi sérieux, des habitudes aussi enra-cinées dans le but d’obtenir une économie illusoire, puisqueles frais d’entretien si considérables, comme on sait, néces-sitent principalement pour être couverts, un concours,nom-breux de voyageurs.
Notre frontière de Suisse , accessible à l’Autriche , la plusméridionale des puissances d’Europe , menaçantes pour laFrance en cas de guerre,est, nous n’en saurions disconvenirau point de vue des anciennes idées, rendue plus faibledepuis la démolition d’Huningue , et depuis la perte ducanton de Porentrui, dont la position tourne toutes nos dé-fenses. Les Autrichiens ont en outie gardé des vallées desGrisons , d’où ils entament le massif principal de la Suisse ,et ont ouvert à grands frais des chemins à travers ces mon-tagnes : de sorte que débouchant de Bàle , de Porentrui, deNeufchatel ou des bords du lac de Genève, leurs arméesessaieront soit de prendre l’Alsasc à revers, soit de marchersur Lyon , soit môme de pénétrer vers la Loire . Un tel plann’est point cependant d’une exécution aussi facile qu’onpourrait le croire et surtout n’entrainera pas désormais desrésultats aussi graves qu’une invasion sur les frontières duN. et du N.-E.
Quand même la Suisse , par suite de la faiblesse de sonpouvoir central, manquerait d’énergie pour faire respecterson territoire, il nous sera toujours possible de nous em-parer à temps de quelques positions importantes qui, sansavoir une influence décisive sur le sort d’une campagne,nous permettront du moins de retarder une issue désas-treuse , en prolongeant avec chances de succès une rési-