fédération à fortifier Rastadt malgré les engagements prisantérieurement. Les hommes d’état ont parfaitement com-pris que ce point devenait sans intérêt depuis l’occupationet l’agrandissement de Landau et de Saarlouis ; ils le sen-tiront bien davantage quand ces deux places se trouveronten communication directe et par lignes de fer avec le cœurde l’Allemagne . De Valenciennes à Strasbourg , voilà donc,en cas de guerre, la zône la plus vulnérable de notre fron-tière; c’est là seulement que l’invasion, avec les moyensnouveaux que la science va mettre à sa disposition, sera dé-sormais à craindre.
Nous avons indiqué ailleurs le remède à apporter vers lenord, en servant les opérations de l’armée de la Meuse , aumoyen d’une ligne de fer dirigée sur Paris . L’armée duRhin et celle de la Moselle réclament, dans un intérêt com-mun non moins pressant, les mêmes moyens d’attaque et dedéfense. Rien ne saurait remplacer pour elles un chemin defer tracé directement entre Paris et Strasbourg , se bifur-quant à Nancy et jetant un embranchement sur Metz . 11pouvait être convenable autrefois, alors que la guerre mé-thodique avait ses partisans, je dirai plus, ses nécessités,de donner à des communications, qui relient entr’ellcs lesplaces forles de la frontière, la préférence sur celles quiunissent le centre à la circonférence ; aujourd’hui que lesmouvements des armées sont plus rapides, elle seront biendavantage encore par la suite, que l’ennemi, dès qu’il agagné une grande bataille qui lui a permis d’entamer lafrontière, est immédiatement en mesure d’arriver sous lesmurs de Paris , c’est à cet immense péril qu’il faut parer.
Les guerres d’invasion, conséquence de l’accroissementnumérique des armées et du perfectionnement des moyensde circulation qui facilite leur concentration, tendront de