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le centre d’une zone stratégique cent fois plus importanteque Bâle ou môme Strasbourg ; que la plus grande partie desforces de l’ennemi nous menacent sur ce point. Après nousêtre servi des rails-ways directs, pour prendre l’initiativedes hostilités, en admettant que nous soyons refoulés surnotre territoire, les communications resteront encore long-temps intactes entre Paris et Metz par Nancy . Plus uneligne de fer sera nécessaire, plus elle sera utilisée, mieuxelle sera protégée et défendue. Enfin, de Nancy , il est tou-jours possible de faire arriver, en une nuit, des troupes ausommet de la montagne de Saverne ; et cette assurance suffitpour les intérêts de la défense.
Si l’on observe, en outre, qu’un chemin de fer est bienplus exposé à être rompu aux environs de Mulhouse ,à quelques lieues de Bâle. - occupé par l’ennemi, tandis queHaguenau , déjà protégé par Lautersbourg et Wissembonrg,se trouve après de 12 lieues de Landau, et que la dis-tance de Saarbruck à Sarrealbe n’est pas moindre, il faudraconclure que les intérêts de l’attaque, ceux même delà dé-fense, quelque soit le point sur lequel on soit contraint del’accepter, réclament la préférence en faveur du tracé parla vallée de la Moder. D’autres considérations, d’une cer-taine importance, militent encore pour cetle opinion. Malgrél’infériorité de produit, qui est le résultat du transport parchemins de fer des matières encombrantes, on ne doit pasperdre de vue que les salines de l’est et l’exploitation deshouillères de Saarbruck sont de nature, en tems ordinaire,à accroitre les bénéfices d’une ligne de fer dans ces contrées.Déjà on estime que le canal de la Saarre, approuvé par l’ad-ministration des ponts et chaussées, procurera aux départe-ments qui s’approvisionnent aux mines de Saarbruck , une