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Il devrait suflire de la production de pareils chiffres pourtrancher la question à l’instant; mais combien le résultat nes’aggrave-t-il pas lorsqu’on suppute la durée des divers tra-jets, et conséquemment la dépense qu’ils occasionneront! Onpourrait toujours se rendre de Paris à Strasbourg en deuxjours, par la ligne directe, ou même en trente-six heures,en prenant à Nancy la voie des voitures qui, en une nuit,portent à Strasbourg . Les cent cinquante-sept ou les centquatre-vingt-trois lieues de Paris à Mulhouse ou à Stras bourg par Dijon , exigeant au moins vingt et vingt-troisheures de marche sans s'arrêter, il ne faudra jamais moinsde deux jours, dans le premier cas, et le plus souvent troisjours, dans tous les deux, durant l’hiver, alors que les con-vois ne pourront marcher que huit à neuf heures par jour.Qu’on calcule, d’après cela, la dépense qui s’accroîtra in-failliblement de la nécessité de séjourner dans des villes poury passer deux nuits. Pense-t-on qu’un tel changement, dansles moyens de circulation séduise les voyageurs d’Allema gne , lorsque, dans l’état actuel des choses, il suffit de deuxnuils et un jour, sans aucuns frais de gîte, pour se rendre deParis à Strasbourg ? Où serait donc l’économie, puisque ladépense atteindra au moins le double des prix actuels?
Et la question de transit des marchandises appropriéesaux chemins de fer qui, bien qu’accessoire à mon sujet,n’en est pas moins fort importante à mes yeux, espère-t-onla résoudre de celte manière au protitde la France ? On peutencore, par le tracé direct, lutter avec avantage contre la ri-valité de la ligne d’Ostende à Cologne ; mais qu’attendred’une concurrence qui ne saura mettre Paris qu’à troisjournées de marche de Strasbourg , la véritable porte del’Allemagne , du moins la porte française ? Ainsi, lorsqu’il nefaudrait que venir en aide A un mouvement imprimé depuis