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dos siècles, et améliorer une voie de communication con-nue et goûtée, on songe, par des considérations secon-daires, ou dans des vues d’économie stériles, à faire violence,en quelque sorte, aux. habitudes des voyageurs qui sont lesconsommateurs les plus productifs des chemins de fer. Onveut, à la fois, créer artificiellement de nouvelles relations,troubler des intérêts existans, et dépouiller les provincesles plus exposées à une invasion et à l’invasion du caractèrele plus grave, de son moyen de défense le plus puissant, etpeut-être l’unique.
J1 nous rcsLe à parler de projets de tracés, qui, avec laprétention de (concilier les intérêts de diverses localités,n’apporteraient au trésor, qu’on prétend ménager, qu’un•soulagement illusoire. On devait s’attendre à un déluge decombinaisons, du moment où les grandes vues d’état, voi-lées ou subalternisées par des considérations d’un ordre in-férieur, ne seraient plus la règle invoquée pour la créationde ces grands travaux de l’avenir. Chaque concurrent, in-quiet sur le sort de son projet de prédilection, se montre ré-signé à de mutuelles concessions, et disposé à se prêter àun tracé intermédiaire qui négligerait la question de sécu-rité extérieure, et qui, sans résoudre mieux celle de la vi-tesse, laisserait de plus en souffrance les intérêts de la massedes voyageurs. En maintenant en principe (ce qui ne coûterien) la ligne directe sur Su-asbourg et celle sur Dijon , onaccepte d’abord, par une espèce de coalition d’intérêts, unetêle commune depuis Paris jusqu’à un point quelconquevers l’Est. Loin de porter un remède, ces sortes d’expédientsne feront qu’nugmenler les embarras, car ils ne tendent àrien moins <|ii'ù bouleverser tous les plans raisonnables età compromettre entièrement le succès qu’on est en droitd’espérer do l’exécution bien ordonnée des chemins de fer.