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de 95 lieues, et celui pour Strasbourg , après avoir rejoint lavallée de la Marne à Saint Dizier , pas moindre de 1 15 lieues.Ce serait donc, pour l’économie d’un tracé commun de 45lieues, et pour celle de quelques lieues sur la longueur totaledu trajet direct de Strasbourg , qu’on immolerait les consi-dérations commerciales qui réclament simultanément letracé par l’Yonne et celui par la Marne . Oublie-t-on, en ou-tre, que la défense de la vallée de l’Aisne est intéressée à ré-tablissement d’un chemin de fer le long de la Marne , demême que le cours de la Loire ne peut être bien protégé etsecouru à tems que par une ligne de chemin de fer qui iraitde Paris à Dijon par Joigny . Nous n’ignorons pas que lechemin sur Orléans et Tours remplirait, jusqu’à un certainpoint, cette dernière condition ; mais, en amont d’Orléans ,cette protection diminuerait de plus en plus, et c’esl là pré-cisément où l’ennemi tentera de s’engager. 45 millions d’é-conomie, qui seraient le résultat d’une tête commune jus-qu’à Arcis, sont, nous sommes fort loin d’en disconvenir, unargument qui doit peser d’un grand poids dans la balance.Toutefois, ce chiffre sera réduit de près de moitié si lesChambres,accueillant la proposition du gouvernement, im-posent aux communes et aux départemens l’obligation defournir les terrains, réservant uniquement à l’État la con-struction des chemins proprement dit, les terrassements, lesouvrages d’art.
Il vaudrait mieux assurément ne pousser les travauxqu’au fur et à mesure des ressources du trésor ou du cré-dit. Quelqu’un l’a fait observer avec beaucoup de justesse :il s’agit bien moins pour l’État de dépenser son argent, vailleque vaille, que d’exécuter des créations utiles et productives.Or, comme le revenu le plus net des chemins de fer consistedans le transport des voyageurs et des objets de liant prix,