7(‘> DES CHEMINS DE FER
l’horizon est à jamais débarrassé de nuages qui récèlent lafoudre. Lorsque le sentiment religieux, le plus propre à fairecesser les luttes terrestres, n’a pu extirper ce mal mysté-rieux attaché au berceau de chaque peuple, et qui le der-nier prolonge son agonie, espère-t-on que des efforts, mêmeprodigieux dans Ja sphère des idées matérielles, escortésdes passions qui lui font un si triste cortège, soient bien enétat de se discipliner eux-mêmes, et d’enchaîner à la foisl'excentricité des désirs de l’homme, les appétits déréglésou les erreurs des peuples?
Nous voudrions, certes, qu’il en fût ainsi, et que le déve-loppement de la raison humaine, docile aux avis des espritsgénéreux qui s’imaginent la diriger au gré de leur noble im-patience, vînt confirmer tant d’espérances, donner un dé-menti à tant de sinistres éventualités. On ne saurait pourtanttrop le dire, l’état politique présent de la France , repousséou accepté froidement par presque tous nos voisins qui leconsidèrent comme une tentative périlleuse ou au moinsincertaine, a besoin d’une force qui le consolide, qui le fasserespecter. Est-ce bien le moment de méconnaître cettegrave nécessité de notre époque, et de prêter exclusivementl’oreille h ces tentateurs qui cherchent à substituer dansnotre âme l’amour effréné des richesses à la grandeur na-tionale, le triomphe des intérêts privés à la dignité du pays?Pour atteindre un aussi fatal résultat, n’onl-ils pas déjàdéfiguré l’histoire en donnant des guerres passées une expli-cation mensongère? Lorsque l’étude attentive des événe-mens les plus reculés, lorsque les écrilsdes hommes qui ontle plus médité sur de telles matières, viennent, par des preu-ves irrécusables, démontrer que l’invention de la poudre àcanon, par exemple, n’a influé sur les guerres ni pour lesrendre moins terribles, ni pour diminuer la force numérique