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des armées, de soi-disant publicistes ont le courage de pro-tester contre une telle assertion. Lorsque la statistique établitaux yeux les moins intelligens, que l’accroissement de lafortune publique a toujours eu pour conséquences le déve-loppement des armées , et surtout de l’instrument de des-truction le plus perfectionné, de l’artillerie, on pose résolu-ment des conclusions contraires, puis on leur demande deservir de base à des chimères.
Les chemins de fer se présenteront aux générations futuresavec le même caractère que toutes les autres découvertesdu génie de l’homme. Salués avec raison comme généra-teurs de nouveaux bienfaits, ils seront simultanément desagents pacifiques de la civilisation et des machines deguerre. Utiles auxiliaires de nos travaux, lorsquela vie cou-lera calme et tranquille, ils deviendront aux jours de'crise,qui affligeront longtems encore l’humanité, des moyensdont les hommes de génie sauront s’emparer pour assurerle triomphe du droit. Us changeront surtout non l’origineet le but des guerres, mais leur méthode, leurs combinai-sons. En substituant aux anciennes routes des voies de cir-culation plus rapides, les lignes de fer rendront plus facileset plus prompts la concentration et l’approvisionnementdes troupes : elles rendront les attaques plus brusques-, maiselles en limiteront le nombre et la durée. Les opérationsmilitaires seront soumises, à leur tour, aux lois de l’unité.Longtems isolée sur des points divers, puis ralliée à la cir-conférence par des moyens imparfaits, peu sûrs, l’action desmasses armées sera désormais entretenue vive et animéesur un nombre fort restreint de points, déterminés par la di-rection des voies nouvelles, par leurs relations entr’elles etavec un loyer commun où elles viendront converger. Lastratégie moderne, inaugurée dans notre siècle par le génie