le revenu des forêts fut mis à néant par toutes ces mal-versations. Cependant, petit à petit, le chaos se débrouilla:en 1318,1e département de chaque maître cessa d’êtrevariable; le nombre de ceux-ci fut fixé à dix, par l’ordon-nance de juillet 1376qui leur enjoignit défaire annuel-lement deux inspections dans leur circonscription, etd’adresser au roi un rapport sur l'état des forêts. Non-seulement ils régissaient celles-ci, et présidaient à l’adju-dication des coupes, mais ils jugeaient tous les délitsayant trait aux eaux et forêts, et à la chasse, ainsi queceux commis contre les personnes, dans les forêts, etsur les eaux, réunissant ainsi les pouvoirs administratifset judiciaires, et prononçant, eux-mêmes, sur les con-traventions qu’ils signalaient. Deux fois par an, aprèsl’Ascension et la Toussaint, un jour solennel d’assisesétait tenu, pour rendre justice à tous ceux qui avaientà se plaindre : forestiers, marchands, ouvriers, etc.(ordonnances d’octobre 1501, mars 1515, janvier 1518).A partir de 1544, les maîtres cessèrent de transporter deville en ville le siège de leur juridiction.
En 1346, ils avaient pour gages : cent livres, par an,et dix sols, par jour; de plus, lorsqu’ils allaient en cam-pagne, pour le fait de leur charge, ils touchaient qua-rante sols tournois, par jour, et étaient chauffés. Plustard, leur chauffage fut fixé à cent moules, ou à peu prèssoixante-quatre de nos stères (ordonnances de juillet 1376,septembre 1388, septembre 1402, mars 1515), et leursgages annuels, à quatre cents livres tournois (ordonnancede mars 1515).
Les plus anciens documents que l’on connaisse nousmontrent la forêt de Bière faisant partie du départementdu maître de Champagne et Brie.
Sous ces agents supérieurs se trouvaient des gruyers^dont l’origine remonte à une époque inconnue. Leur nomdérive, dit-on, du même mot gaulois que druide : drus,chêne. Ils avaient également juridiction, sauf appel à la