- 93 —
Montmorin, ou en fuite, ou en prison ; il fallut en nom-mer d’autres. En octobre 1793, le ministre des contribu-tions publiques y pourvut, et sur la présentation de lamunicipalité du district de Fontainebleau, plaça à la têtedu service forestier, avec le titre de lieutenant, et sous lecontrôle immédiat du pouvoir exécutif, un sieur Noël,ancien marchand de bois, et maire de Moret. En avril1798, la place de maître particulier fut rétablie et confiée »au citoyen Dantigny; celui-ci ne s'appela bientôt plusque premier administrateur provisoire, et en avril 1800,eut pour successeur M. Marrier de Bois d’Hyver, ancienlieutenant de la maîtrise, et dont la famille avait occupécette position depuis 1736. La partie administrative étaitalors réunie à la régie de l’enregistrement, et les agentsde Fontainebleau correspondaient avec le directeur decette dernière, en résidence à Melun.
Au milieu de tous ces changements, l’administrationforestière, toujours sous le coup d’une réforme complète,vivant pour ainsi dire au jour le jour, subissant, en ou-tre, la défaveur qui s'attachait à tout ce qui rappelait lepassé, voyait son autorité s’amoindrir de plus en plus,alors quelle avait à lutter contre des désordres croissants.
Dès 1789, on avait été obligé, par une loi du 11 décembre,de mettre les bois sous la protection : de la nation, de laloi, du roi, des tribunaux, des assemblées administratives,des municipalités, des communes, des gardes nationales. Mal-gré tous ces défenseurs les années 1790,1791, 1792, 1793,1794 furent, pour le domaine de Fontainebleau, une pé-riode de pillage et de dévastations effrénées : les délin-quants allaient au bois par bandes de vingt, cinquante,jusqu’à deux cents, avec des cognées, coins, serpes, voi-tures et chevaux ; les forestiers n’osaient sortir qu’ennombre et bien armés ; on fut obligé de requérir, pourleur prêter main-forte, les troupes en garnison dans laville; en 1791, douze cavaliers vinrent, d’une manièrepermanente, au secours des gardes, et il fallut une
6