— 107 -
1871, le régiment fut licencié, et le lendemain, le sous-inspecteur et ses quinze hommes revenaient à Fontaine-bleau reprendre le marteau échangé, depuis plus de sixmois, contre le fusil chassepot.
Au commencement de septembre 1870, ordre fut donnéde faire rentrer à Paris tous les employés qui étaientrestés en fonctions, de peur que les ennemis n’essayassentd’obtenir d’eux, parla force, des renseignements topo-graphiques. Cet ordre ne fut pas exécuté ; les préposésquittèrent simplement leur uniforme, et restèrent, autantque possible, à leur poste ; l’inspecteur s’éloigna, et nerevint qu’au mois de décembre. Le 1 er octobre, à la Butte-Saint-Louis, un malheureux garde, du nom de Chauvaud,ayant été trouvé porteur d’une cartouche à balle, par lesPrussiens, que venait d’attaquer une bande de francs-tireurs, fut saisi et fusillé, au Bois-Coulant, à l’extrémitéde la forêt. Enfin le 15 janvier 1871, pour se venger decoups de feu tirés la veille, près de la même Butte-Saint-Louis, sur la voiture qui portait leurs dépêches à Melun,les ennemis incendièrent les maisons forestières de laTable-du-Iloi et de la Croix-de-Vitry. La première fut àpeu près entièrement détruite, l’autre n’eut guère d’en-dommagée que la toiture. Ce n’est qu’à la fin de févrierque les employés purent reprendre leurs insignes, etque le service commença à se réorganiser à Fontaine-bleau.
Les règlements des forêts de l’Etat sont maintenantappliqués ; ils ont à peine changé depuis 1853 : les trai-tements des préposés ont été un peu augmentés 1 ; les bri-gadiers touchent actuellement mille, neuf cents, et huitcents francs ; les gardes, sept cents, six cent cinquante,et six cents francs ; mais ceux qui ne sont pas logés n'ont
1. Ils touchent maintenant : les brigadiers deux cents francs,les gardes cinquante francs de plus qu'il y a soixante ans, et ilsna sont plus habillés !...