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d'un perclus de chêne de cinquante-cinq ans, furent no-tamment exploités, presqn’à blanc étoc. Au total, la valeurdes bois volés, à cette époque, dans toute la forêt, peutêtre évaluée à 334,000 francs. Il en fut enlevé pour100,000 francs par les habitants de Fontainebleau, autantpar ceux de Moret, et pour 30,000 francs par ceux d’Avon.Les délinquants n’avaient pas seulement pour but de sechauffer, eux et leur famille ; la plupart vendaient le fruitde leurs rapines à une foule de personnes assez peu scru-puleuses pour leur servir ainsi, en quelque sorte, de'complices. Q ue lq ues -mis n’avaient même pas la misèrepour excusefet ne voyant là qu’une industrie fructueuseà exercer, allaient parfois jusqu’à envoyer des bûcheronstravailler pour eux, à la journée. Plusieurs conseils mu-nicipaux s’efforcèrent d’arrêter ces honteuses dévasta-tions; celui de Fontainebleau, entre autres, fit, dans cesens, en septembre et en novembre 1870, un appel, peuécouté, au sens moral et à l’honnêteté publiques, puis le14 février suivant, invita le maire à prendre des mesurescoercitives. Cette dernière décision fut affichée, non-seu-lement à Fontainebleau, mais dans les communes voi-sines. En imposa-t-elle plus que les autres? les pillardsfurent-ils tenus en respect par la réorganisation de l’ad-ministration forestière qui eut lieu vers cette époque? ouest-ce, simplement, parce que, les bûchers de tous étantenfin remplis, le bois n’avait plus aucune valeur (on enoffrait à 3 francs le stère)? ce qu’il y a de certain, c’estque ce scandaleux trafic cessa comme par enchantement,et que tout rentra dans l’ordre, avec une promptitude re-marquable. On poursuivit un très-petit nombre des cou-pables, parmi ceux que les gardes avaient le plus souventrencontrés pendant l'hiver; on fit rendre gorge à quel-ques-uns des acheteurs, au moyen de perquisitions opé-rées sur une assez grande échelle, mais bien tardivement,à Fontainebleau, Moret, Avon et Bois-le-Roi. La présencedes ennemis, qui'ne quittèrent notre ville que le 23 mars,