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et l’absence prolongée de toute force publique rendaient,du reste, les poursuites difficiles.
Les Allemands, eux, ne firent pas de mal à la forêt ; ilsessayèrent cependant,mais avecrordreetlamêthodequ’ilsmettaient dans toutes leurs exactions : dans le courant dejanvier 1871, un inspecteur des forêts prussien arriva àFontainebleau, et après s’êlre emparé du registre d’amé-nagement, ainsi que des plans détaillés de la forêt, dansles bureaux de l'inspecteur et du sous-inspecteur fran-çais, aux portes desquels il fit ensuite apposer les scellés,il voulut opérer des coupes régulières, au profit de songouvernement. 11 s'abonclia, pour cela, avec les mar-chands de bois de la ville ; tous, sans exception, refusè-rent d’acheter; il fit alors, le 24 janvier, signifier aumaire de Fontainebleau d’avoir à envoyer, le lendemainmatin, à la gare du chemin de fer, cent bûcherons, etsoixante-dix voitures attelées, pour débiter et emporterles arbres qui seraient désignés, le tout sous peine de10 francs d’amende, par chaque ouvrier, et de 100 francspar chaque voiture manquant ; avis de sette réquisitionfut donnée à la population par le crieur public. Il fautrendre justice à celle-ci : il ne se trouva personne au ren-dez-vous, et chacun resta même, autant que possible,chez soi, ce jour-là, de peur d’être contraint d’aller tra-vailler manu militari K Les Allemands renoncèrent à leuridée.
A la fin de mai 1871, au moment de la défaite défini-tive du gouvernement insurrectionnel établi dans la ca-pitale, on craignit que quelques-uns des adhérents dece dernier ne cherchassent à gagner la forêt de Fontai-nebleau pour s’y cacher, et pendant une huitaine, despatrouilles de forestiers, de gardes nationaux, de volon-
1. Une main inconnue avait placardé, dans diverses parties dela ville, de petites affiches manuscrites menaçant de mort toutindividu qui travaillerait pour les Prussiens.