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nance très-pressante du Régent, du 3 mai 1720, qui pres-crivit de faire de nouvelles plantations dans toute laFrance, pour réparer le mal qu’avait causé le grand hiverde 1709. Depuis 1720 jusqu’à 1750, onreboisa les dix-huitcentièmes de toute la forêt, c’est-à-dire cinq mille quatrecent trente-huit arpents soixante-huit perches, soit plusde cent quatre-vingt-un arpents par an. On semait enlignes, après défonce à quarante-cinq centimètres deprofondeur, et on réservait, en général, la plantationpour compléter la première opération, dans les endroitsoù celle-ci n’avait pas réussi. Le tout recevait des bi-nages pendant plusieurs années, puis était recepô ; lesplants étaient pris : soit en pleine forêt, soit dans des pé-pinières établies dans quelque coin des massifs entreilla-gés. Ces travaux étaient souvent imposés, comme chargede leur marché, à ceux qui achetaient les coupes; parfoisaussi ils étaient mis en adjudication. Le prix du reboise-ment s’élevait, dans le principe, de 300 à 350 livres pararpent; il-s’abaissa bientôt à 130 livres, et en 1750, futreporté à 180 livres, puis à 200. Les clôtures coûtaient de2 livres 10 sols à 2 livres 15 sols la toise.
Malheureusement ces améliorations n’eurent pas tousles résultats qu’on aurait pu en espérer; voici pourquoi :les agents de la maîtrise, uniquement frappés de la va-leur exceptionnelle qu’a toujours eue le chêne, comparéaux autres arbres, ne se préoccupèrent pas assez de sesexigences culturales, et s’efforcèrent de l’élever à l’étatpur; or dans un terrain léger et siliceux, comme celuide Fontainebleau, le chêne, même le rouvre , qui domineici, et donne plus d’ombre que son congénère le pêdon-culè , végète mal s'il n’est mêlé à quelque essence à feuil-lage épais ; celle-ci conserve au sol de la fraîcheur, etl’enrichit d'une couche abondante d'humus; c’est à unpareil voisinage que les vieux chênes du Gros-Fouteau,de la Tillaie, du Bas-Bréau, des Yentes-à-la-Reine doi-vent leur vigueur et leur beauté En second lieu les exi-