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Histoire de la forêt de Fontainebleau / par Paul Domet
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En 1822, M. de Larminat avait vu, à Metz, les bellesgreffes herbacées de M. de Tscliudi ; il en fit pratiquer,l’année suivante, de pareilles, dans la forêt, sur des pinssylvestres de trois à six ans. L’essai réussit, et pendantle règne de Louis-Philippe, on continua sur une grandeéchelle. En 1848, on comptait cent quarante-cinq millepins, assez rares pour la plupart, obtenus par ce moyen,surtout dans les cantons du Marion-des-Roches, des Pe-tits-Feuillards et du Ilocher-du-Long-Boyau. Il en resteencore beaucoup aujourd’hui qui ont prospéré; ce sontdes laricios, des pungens, des cimbros, des rigidas,etc. Ilfaut choisir, pour cette opération, le moment où la pousseterminale a acquis les deux tiers, ou les trois quarts deson allongement, ce qui a lieu du 15 mai au lOjuin, se-lon la précocité de la saison. On essaya de greffer sur pinmaritime, mais la réussite laissa beaucoup à désirer.

Sous le Gouvernement de juillet, du reste, ou donna laplus grande extension à la culture des résineux 1 ; la plan-tation et le semis furent employés, à peu près par égaleproportion. Le premier mode coûtait de 40 à 50 francspour un hectare, dans lequel on mettait de quatre à cinq, mille plants; le second revenait à 70 francs par hectare,quand on ne faisait qu’un labour, à 110 francs, lorsqu’onen faisait deux. Parfois aussi, on semait sur les bruyères,qu’on arrachait ensuite sans autre préparation du ter-rain. Les essences choisies étaient : l'épicéa, le mélèze,les pins laricio, weymoutli, mugho, etc., mais surtoutles pins sylvestre et maritime. Cependant on finit par re-noncer à ce dernier, du moins à l’état pur; cet arbre, desbords de la mer, redoute les grands froids de quelques-uns de nos hivers, puis il est loin d’avoir, dans nos forêtsde l'intérieur, la croissance rapide qui le fait rechercherdans les landes du sud-ouest ; vers quarante ans, même,

1. En 1831, la forêt de Fontainebleau ne comprenait que cinqcents hedares couverts de ces derniers.