- 193 -
plus d’un droit d’usage imposé à la forêt, des prestationsféodales, d’une origine tout à fait inconnue, mais dans tousles cas, très-ancienne; jusqu’en 1790, inclusivement,elles furent chaque année, en présence des officiers de lamaîtrise, payées, entre les mains du receveur des do-maines royaux, sur une table en pierre, dite Table duRoi, située au point de rencontre actuel des routes Rondeet de Melun : la dame du Lys devait apporter un jamboncuit et deux bouteilles de vin ; le meunier d’un moulindit du Poignet, situé au faubourg de Sainte-Lienne deMelun, et appartenant au roi 1 , un jambon et une bou-teille de vin ; le boulanger du four à ban du roi, sis àMelun, paroisse de Saint-Aspais, un grand gâteau ; demême que l’exécuteur de la haute justice de Melun ; leshabitants du faubourg des Carmes et d’un canton de laparoisse de Saint-Ambroise de Melun 2 , appelé le Petit-Clos, par chaque feu, cinq deniers ; les nouveaux mariéset nouveaux habitants, en sus, un gâteau ; les pêcheurs,de l’étendue de la maîtrise, du poisson du plus beau.Toutes ces redevances devaient être apportées par lespersonnes elles-mêmes, sauf pour la dame abbesse duLys, qui pouvait se faire représenter. Les denréesétaient distribuées aux officiers forestiers, et le plus sou-vent consommées sur place.
Cependant, on ne fut pas longtemps à s’apercevoircombien ces droits d’usage, que l’on accordait si libéra-lement dans le principe, étaient nuisibles aux forêts, etl’on tâcha, à plusieurs reprises, d’en réprimer les abus :dès 1230, une ordonnance défendit aux usagers au boisd’exercer leurs droits sans que délivrance leur ait étéfaite par les forestiers. Un arrêt, de 1270, décida, contreles religieux de Fontainebleau, qu’un locataire ne pouvait
1. Le moulin Poignet existait déjà dès 1250, d’après une chartede la reine Blanche.
2. La paroisse de Saint-Ambroise fut fondée avant l’an 1047.