206 —
usages, du 15 avril au 15 juin, mais sans aucun espoir de ^
la voir respecter. Les moutons, relégués, jusque-là, au £
milieu de certaines landes déboisées, pénétrèrent libre- (
ment dans toute la forêt, et ce ne fut qu’à grand’peine i
qu’on put s’opposer à l’invasion des chèvres, ce fléau des <
bois, invasion que réclamait la municipalité de Fontaine- 1
bleau. 1
Le mal était devenu si grand qu’il fallut s’occuper d’ymettre un terme. Même avant la réorganisation de l’ad- <ministration forestière, dès l’année 1796, on imposa auxadjudicataires des coupes l’obligation de creuser des fossésle long des chemins fréquentés par les bestiaux allant aupâturage, afin de protéger les jeunes coupes, que n’en-touraient plus les anciennes palissades. En 1797, on re-commença à faire publier les anciennes défenses. Unarrêté du Directoire exécutif, du 26 septembre de lamême année, interdit d’envoyer des animaux dans lesforêts de l’État à tous ceux qui n’étaient-pas au nombredes usagers reconnus par le ci-devant Conseil, et enjoignità ceux qui auraient justifié de leurs droits de n’en userque conformément à l’ordonnance de 1669. Enfin, uneloi du 18 mars 1803 prescrivit aux usagers, dont lesdroits n'avaient pas été reconnus et fixés sur les étatsarrêtés au ci-devant Conseil, de produire leurs titres auxsecrétariats des préfectures et sous-préfectures, dans undélai de six mois, délai qui fut porté à un an, par une loidu 3 mars 1801, le tout à peine de déchéance irrévocable;cette dernière clause ne fut pas appliquée.
Les communes usagères de la forêt, se pensant cou-vertes par le règlement du Conseil du 30 juillet 1665, nefirent aucune démarche, et continuèrent leur jouissancequi, comparée à ce qu’elle était avant la Révolution, futmodifiée de la manière suivante, à partir de l’organisationde la Liste civile impériale : il ne fut plus questiôn d’en-voyer des porcs en forêt, ni de vendre, à prix réduits, desbois de chauffage aux usagers ; la Restauration et le Gou-