le couronna d’une massue, surmontée du bonnet phry-gien. Les routes cessèrent d’être entretenues, et presquetoutes devinrent, promptement, impraticables; mais ons'aperçut, bientôt, des graves inconvénients de cet aban-don, et on le fit cesser dès 1798. Cette même année, onrétablit quarante poteaux indicateurs, coûtant de 30 à 40francs pièce; ils furent faits sur le modèle des anciens;ce n’est qu’en 1810, qu’on imagina d’élargir la surfacedestinée à l’inscription, au moyen d’une planchette clouéeà leur sommet.
Dès le commencement de l’Empire, les routes forestiè-res furent l’objet, tout particulier,des soins de l’Adminis-tration des bâtiments, à laquelle elles furent confiées, àl’exemple de ce qui se passait avant la Révolution. Jus-qu’en 1815, on dépensa, en moyenne, par an, une dizaine'de mille francs, pour les remettre à neuf, chacune à sontour, et de deux à trois mille francs pour leur entretien,une fois réparées; sur la plupart de celles-là, la circula-tion était interdite, sauf pendant les voyages de la Cour,au moyen de barrières à roulettes et à serrures ; il en a,du reste, été ainsi sous tous les régimes, jusqu’à ces der-nières années, où la forêt de Fontainebleau devenant, deplus en plus, la promenade favorite des touristes dumonde entier, on fit disparaître cet obstacle permanent àla libre circulation ; on se contente, maintenant, de barrerles chemins récemment réparés, jusqu’à ce que la terresoit suffisammênt tassée.
Sur l’emplacement des anciennes croix on mit despoteaux centraux. Celles du Calvaire, seules, furent rele-vées et inaugurées, le 19 juin 1805, par une procession so-lennelle, que suivit une très-grande multitude *. Au com-
' 1. La piété des fidèles était excitée par une circonstance dontles anciens habitants du pays se souviennent encore : les voya-geurs qui allaient, jadis, de Paris à Fontainebleau entendaient,à la montagne de Chailly, de pressants appels faits à leur charitépar un pauvre aveugle nommé Couthor ; c’était lui, disait-on, qui