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de temps avant la Révolution, M. Moussaint, géographedu roi. avait pu compter plus de cent grands fauves à lafois, d’un point où il était placé ; c’est spécialement con-tre eux que furent faites, vers la lin du xvu c siècle, lespremières palissades, pour protéger les jeunes repeuple-ments; nous avons parlé, au chapitre IV, de ces clôtures,continuées jusqu’à nos jours, nous n’y reviendrons pasici. Et cependant, la meute du roi forçait un certain nom-bre d’animaux; on prenait, chaque année, tant à Fontai-nebleau qu’à Compiègne, à l’aide des cent pièces detoiles et des cent panneaux de l’équipage, une trentainede faons mâles, pour envoyer à Saint-Germain, où l’onchassait beaucoup, et dont la forêt ne pouvait produireassez de cerfs; enfin de temps en temps, on opérait devéritables hécatombes de biches, telles que celle faite en1753, et qui se monta à six cents tètes; les paroisses rive-raines, qui avaient provoqué cette destruction, par unplacet présenté au roi l’année précédente, fournirent leplomb et la poudre. Les cerfs de Fontainebleau, commetous céux des pays secs et pierreux, ont les bois d’uneexiguité remarquable.
Le daim, animal de parc plus que de grande forêt, n'a,de tout temps, été ici qu’à l’état d’exception, pour ainsidire.
Le chevreuil, amateur des taillis, n’a jamais dû, nonplus, être en bien grand nombre, surtout jusqu’au jouroù l’on commença à adopter pour nos bois de courtesrévolutions (voir au chapitre quatrième); puis commepresque tous les gibiers, il aime les terrains fertiles, etpar conséquent ne doit se plaire que sur bien peu depoints, à Fontainebleau,
Le lièvre, cet habitant des champs, ne s’est guère trouvé,à toutes les époques, que sur les confins de la forêt ; sijamais la fantaisie lui a pris de transporter ses pénatesplus à l’intérieur, il a dû, à peu près partout, y êtretroublé par Jean Lapin.