sons pourtant une exception pour les sangliers, devenuspar trop nuisibles, et dont on fit, pendant les premièresannées, des destructions suivies qui en réduisirent lenombre, de cinquante qu’il était en 1818, à vingt en1822, et bientôt à peu près à zéro. Les cerfs se multi-plièrent à un tel point qu’il fallut augmenter, de beau-coup, les entreillagements ; mais ceux-ci, sur certainspoints, gênaient par trop les chasses à courre, et ils fu-rent remplacés par des gardes-brou qui, moyennant unfranc cinquante centimes par nuit, se chargeaient derenvoyer les grands animaux des jeunes coupes ; lesadjudicataires des ventes payaient cette dépense, imposéepar les cahiers des charges ; on fit le calcul que pourassurer la protection nécessaire aux plaisirs des princesil suffisait de cinquante biches et de cent cinquantecerfs, et des ordres furent donnés, par le grand-veneur,afin que les gardes détruisissent le surplus, soit isolémentet à la surprise, soit au moyen de houraillements 1 , etqu’ils ne laissassent plus dépasser ce chiffre désormais ;mais, outre qu’il n’est pas facile de savoir toujours, aujuste, ce que renferme une forêt comme celle de Fontai-nebleau, les veneurs subalternes, craignant d’avoir un•peu plus de peine à faire le bois, et mettant l’intérêt deleur paresse avant celui de la réussite des chasses, qu’unetrop grande quantité d’animaux compromet, obtinrent,par leurs plaintes incessantes, de fréquents contre-or-dres, qui vinrent entraver l’action du service forestier;de sorte qu’il y eut, il est vrai, des destructions, parfoisconsidérables, comme celles des deux saisons de 1820ù 1821, et de 1821 à 1822, pendant lesquelles il fut tuécinq cents cerfs ou biches ; mais ces destructions n’eurentlieu que d’une manière irrégulière, et il est constant quele nombre des grands fauves se maintint entre quatre et
1. Un houraillement consiste à envelopper avec des toiles ungrand nombre d’animaux pour les prendre ou les détruiro. .