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Telle a été, du reste, la pensée de presque tous les topographes parisiens an-térieurs à De Lagrive (1734-1755). Gomboust lui-même (1652), le plus juste-ment estimé de tous, n’a renoncé qu’avec regret à la vue cavalière, dite à vold’oiseau, et il a, en quelque sorte, combiné les deux systèmes, puisqu’il donnetous les édifices de quelque importance en élévation, et qu’il se borne, poul-ie reste, à des hachures' 1 ). L’habitude de ce mode de figuration était tellementenracinée, que la plupart des plans visuels ou croquis cotés, dressés par lesanciens arpenteurs, sont de véritables plans cavaliers, avec le croquis grossier desbâtiments, des arbres, des haies et autres objets formant relief sur le sol.
Il ne faut pas penser toutefois que les auteurs de ces images aient eu la pré-tention de faire une chose rigoureusement exacte, comme on l’exige aujourd’hui.Le topographe ancien traçait le réseau des voies et des rues ; sur ce réseau il re-levait les édifices avec leur apparence, ou à peu près. Quant aux maisons, il don-nait à toutes le même aspect, sans se préoccuper ni de leur nombre, ni de leursdimensions relatives, absolument comme on l’a fait pour celles qu’on a placéessur les cartes ichnographiques des xvu e et xvm e siècles, afin d’indiquer l’impor-tance, en même temps que la situation du lieu signalé. On y voit, par exemple,des personnages, des animaux, etc. d’une proportion exagérée; on y découvreégalement des navires, des plantes, des animaux et des personnages, destinés àfigurer aux yeux les productions, le commerce, l’industrie des contrées sur l’em-placement desquels ces objets se trouvaient dessinés.
On doit aussi faire remarquer que, dans les plans cavaliers, ou plutôt dans lesvues à vol d’oiseau, antérieures au xvn® siècle, ce n’est point un plan, à propre-ment parler, que l’on a sous les yeux; c’est une perspective prise de haut. Ceserait donc exiger de l’auteur plus qu’il n’a voulu donner, que de chercher, sur cescroquis pittoresques, une exactitude qui ne doit pas s’y trouver. C’est par suited’une sorte de convention tacite, entre l’auteur et le lecteur, qu’on y aperçoittout à la fois les Bonshommes, Charenton , Vincennes , Clignancourt, Vaugirard etautres localités, situées alors en dehors de Paris . Il est d’ailleurs facile de voirque les fonds sont en perspective.
Parmi les anciens topographes, Du Cerceau (i 56 o?) et Quesnel (1609) offrentune certaine exactitude dans leur tracé; Gomboust en a davantage encore; mais
01 Voir, pour les anciens travaux des topo- raie de Paris , et fa Topographie historique (régiongraphes parisiens , l’Introduction à l’Histoire gêné- du Louvre et des Tuileries ), t. I, pre'face.
Défauts
propres à ces plans.