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Paris en 1380 : plans de restitution ; histoire générale de Paris / par H. Legrand
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PLANS DE RESTITUTION.

ce dernier a déjà renoncé à figurer les maisons, et forcé un peu les dimensions desédifices. Après lui, on alla plus loin dans cette voie de libre allure. Au commence-ment du xvii e siècle, Quesnel compléta son plan avec limage de constructions proje-tées, qui nont pas été exécutées depuis; il fit, comme ses devanciers, entrer dansson champ trop étroit des localités intéressantes, en rapprochant les distances qui lesséparaient des limites de son cadre. Au reste, il a fourni lui-même la meilleurepreuve du peu dexactitude géométrique quil entendait donner à son œuvre, enplaçant, entre les pointes dun compas, une échelle avec cette légende : et mesuredu pas de lauteur. t> Il avait donc simplement mesuré à son pas, réglé le mieuxpossible, les longueurs des rues, des ponts, et établi-dessus le réseau quil a des-siné. Sans doute il avait quelques relevés darpenteurs, pour certaines parties;mais on peut juger, à la simple inspection de ce plan, que lauteur sest donné laplus grande latitude pour fixer ses lignes sur le papier. Ce plan, comme ceux quisont plus anciens, nen est pas moins précieux par les renseignements quil offre.

Un siècle et demi plus tard, on respectait davantage le tracé géométral; maisun autre vice sétait perpétué dans ce genre de travail. On remarque facilement,par exemple, dans le plan dit de Turgot (173/1-1787), avec quel soin le dessina-teur évite de passer sur les lignes du tracé, et cette préoccupation lamène souventà déformer les édifices dune manière choquante; cest ainsi que des rues très-étroites y prennent une largeur exagérée O. Malgré ces défauts, il est certain queces plans, ou tepourtraicts, v comme on les appelait autrefois, exercent une sortede séduction sur le spectateur, et lui donnent immédiatement une idée vive etsaisissante de laspect général de la cité, à lépoque il veut en étudier lhistoire.

Mais, si un plan de ce genre a limmense avantage de retracer, mieux que touteautre figuration, laspect ancien dune ville, surtout quand il est relevé sur untracé dune exactitude rigoureuse, en revanche il faut convenir que, sauf pour lesédifices importants, il reste toujours quelque chose dhypothétique dans la repré-sentation, même étudiée, de parties détruites, dont on na conservé que des frag-ments. Il est vrai de dire que Paris , dans ses trois grandes divisions, conservaitencore, il y a peu dannées, de nombreux témoins de cet état ancien ( 2 h ces

(1) Voir la préface de la Topogr. histor. du VieuxParis (région du Louvre et des Tuileries ), 1.1, p. xx.

m Nous citerons comme exemples : sur la rivedroite, les quartiers qui avoisinaient lHôtel de Villeet Saint-Gervais , lancien quartier des Arcis, autourde Saint-Merry , et le pâté qui sépare la rue Saint-

Martin de la rue Quincampoix; dans la Cité, toutela partie récemment démolie pour déblayer rem-placement du nouvel Hôtel-Dieu, et, aujourdhuiencore, ce qui reste entre la rue de la Colombeet la rue Clianoinesse. On vient de démolir toutun quartier autour de Saint-Marcel, et, derrière