h
PLANS DE RESTITUTION.
ce dernier a déjà renoncé à figurer les maisons, et forcé un peu les dimensions desédifices. Après lui, on alla plus loin dans cette voie de libre allure. Au commence-ment du xvii e siècle, Quesnel compléta son plan avec l’image de constructions proje-tées, qui n’ont pas été exécutées depuis; il fit, comme ses devanciers, entrer dansson champ trop étroit des localités intéressantes, en rapprochant les distances qui lesséparaient des limites de son cadre. Au reste, il a fourni lui-même la meilleurepreuve du peu d’exactitude géométrique qu’il entendait donner à son œuvre, enplaçant, entre les pointes d’un compas, une échelle avec cette légende : et mesuredu pas de l’auteur. t> Il avait donc simplement mesuré à son pas, réglé le mieuxpossible, les longueurs des rues, des ponts, et établi là-dessus le réseau qu’il a des-siné. Sans doute il avait quelques relevés d’arpenteurs, pour certaines parties;mais on peut juger, à la simple inspection de ce plan, que l’auteur s’est donné laplus grande latitude pour fixer ses lignes sur le papier. Ce plan, comme ceux quisont plus anciens, n’en est pas moins précieux par les renseignements qu’il offre.
Un siècle et demi plus tard, on respectait davantage le tracé géométral; maisun autre vice s’était perpétué dans ce genre de travail. On remarque facilement,par exemple, dans le plan dit de Turgot (173/1-1787), avec quel soin le dessina-teur évite de passer sur les lignes du tracé, et cette préoccupation l’amène souventà déformer les édifices d’une manière choquante; c’est ainsi que des rues très-étroites y prennent une largeur exagérée O. Malgré ces défauts, il est certain queces plans, ou tepourtraicts, v comme on les appelait autrefois, exercent une sortede séduction sur le spectateur, et lui donnent immédiatement une idée vive etsaisissante de l’aspect général de la cité, à l’époque où il veut en étudier l’histoire.
Mais, si un plan de ce genre a l’immense avantage de retracer, mieux que touteautre figuration, l’aspect ancien d’une ville, surtout quand il est relevé sur untracé d’une exactitude rigoureuse, en revanche il faut convenir que, sauf pour lesédifices importants, il reste toujours quelque chose d’hypothétique dans la repré-sentation, même étudiée, de parties détruites, dont on n’a conservé que des frag-ments. Il est vrai de dire que Paris , dans ses trois grandes divisions, conservaitencore, il y a peu d’années, de nombreux témoins de cet état ancien ( 2 h Là où ces
(1) Voir la préface de la Topogr. histor. du VieuxParis (région du Louvre et des Tuileries ), 1.1, p. xx.
m Nous citerons comme exemples : sur la rivedroite, les quartiers qui avoisinaient l’Hôtel de Villeet Saint-Gervais , l’ancien quartier des Arcis, autourde Saint-Merry , et le pâté qui sépare la rue Saint-
Martin de la rue Quincampoix; dans la Cité, toutela partie récemment démolie pour déblayer rem-placement du nouvel Hôtel-Dieu, et, aujourd’huiencore, ce qui reste entre la rue de la Colombeet la rue Clianoinesse. On vient de démolir toutun quartier autour de Saint-Marcel, et, derrière