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Paris en 1380 : plans de restitution ; histoire générale de Paris / par H. Legrand
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PARIS EN 1380. 5

traces nous font défaut, nous les retrouvons dans les villes immuables, commelAllemagne et lEspagne en possèdent encore aujourdhui, les mêmes besoinset les mêmes habitudes ont créé des dispositions matérielles presque identiques.La topographie comparée, traitée avec prudence et circonspection, nous paraîtappelée à éclairer bien des points restés douteux jusquici.

Etablissons toutefois, en principe, que, pour exécuter un plan de ce genre, ilne faut point sastreindre à lexactitude mathématique quexige le plan en simpletracé. Dans ce dernier système, en effet, on peut indiquer par des pointillés, oumême par des lacunes, les points douteux ou inconnus, superposer diversesépoques en enchevêtrant, le moins confusément quil est possible, les tracés deslignes qui se sont succédé dans un même lieuW. Le plan cavalier doit, au con-traire, accuser tout, suppléer à ce qui fait défaut et ressusciter enfin la villeou le lieu, à un moment donné. Cest un parti à prendre et à faire accepter; cestle seul qui puisse aider à lintelligence des auteurs anciens, et rendre raison departicularités souvent incompréhensibles à la simple lecture.

Il est facile de concevoir, quand on sait comment les choses se pratiquaient aumoyen âge, quà diverses époques le tracé simple dun plan pourra être absolu-ment semblable, et que, cependant, laspect des édifices et des maisons aura puchanger. On avait coutume alors, par économie ou par nécessité, de conserver,autant que faire se pouvait, les substructions des édifices sur lemplacement ou surles ruines desquels on bâtissait à nouveau. A cela il y avait deux raisons : la pre-mière, qui touchait à la propriété, cest quon ne changeait évidemment rien àlétat des lieux, et quon évitait ainsi toute contestation avec ses voisins ou avec

Conditions nécessairesà rétablissement,dun plan cavalier.

des façades réparées ou transformées, on retrouvaitintactes tes distributions, les descentes de caves, tesallées, dont il est si souvent question dans les récitsdes époques dont nous nous occupons. À Rouen , ona fait disparaître tout un quartier central, dun in-térêt historique et topographique vraiment curieux,à cause de la nature des constructions ; quoiquellesfussent sans valeur architectonique, cétaient de vraismodèles de larchitecture des maisons dun usagecourant. On trouve bien encore quelques maisonsayant un intérêt artistique; mais un pareil as-semblage de pans de bois, formant des habitationsdestinées exclusivement à la classe ouvrière oupauvre, cest une chose bien rare et quil faudramaintenant chercher au loin.

(1) Cest le parti auquel sest arrêté M. A. Bertydans les plans de restitution quil a dressés pour laTopographie historique du Vieux Paris; cest celuique nous suivrons nous-même dans la continuationde cet ouvrage. Nous regardons comme indispen-sable à lintelligence des textes cette superpositiondédifices et de lotissements ; mais létablissementdune série de plans dépoques précises, avec tracésimple, devient ensuite absolument indispensable;autrement, ceux qui ont lhabitude de parcourir etdétudier les documents des archives ou les historiensdu moyen âge, comprendront facilement dans quelleconfusion lobscurité et la divergence des dénomina-tions pour un même lieu jetteraient le lecteur quinaurait pas sous les yeux un plan figuratif.