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PLANS DE RESTITUTION.
Appréciation définitivedu plan cavalier.
le seigneur; la seconde, qui était relative à la dépense, c’est qu’on utilisait ainsi lesfondements et souvent même les rez-de-chaussée des bâtiments détruits ou trans-formés. Ce travail de transformation, pour ainsi dire verticale, se fait remarquerpartout au moyen âge; il est la conséquence naturelle et inévitable de l’état dela société, des rapports féodaux de suzerain à vassal et de vassal à tenancier. Lescauses du fait que nous venons d’indiquer, déjà signalées dans la Topographiehistorique du Vieux Paris, seront développées à chaque volume nouveau de cetouvrage; ici nous nous bornons à justifier la méthode que nous avons dû suivreet les résultats auxquels elle nous a conduit.
On voit, par ce qui précède, que, à deux époques distinctes, deux plans en simpletracé seront identiques, parce qu’ils ne donneront que les rues et les contours desbâtiments demeurés les mêmes, tandis que deux plans cavaliers, tout en conser-vant aussi ce même tracé sur le sol, offriront des différences marquées, soit sous lerapport des hauteurs nécessitées par le nombre des étages, soit au point de vuedes formes motivées par les transformations, si fréquentes alors, dans les détailsd’architecture, tels que clochers, portails, flèches, cheminées, etc. Les change-ments d’alignement de certaines rues principales, les percements d’autres ruesmoins importantes, créées soit pour dégager des enclaves autrefois englobées dansune grande propriété, soit pour permettre au propriétaire de tirer produit d’unterrain devenu exploitable par l’accroissement de la population, toutes ces causesmodifient en même temps et le tracé et l’aspect d’un quartier. Aujourd’hui encore,dans les faubourgs de Paris , notamment dans ceux de Saint-Martin, du Temple,de Saint-Antoine, qui étaient, il y a peu de temps, composés d’immenses pro-priétés, bâties seulement le long des chemins et des rues, avec des jardins ou descultures au centre, on rencontre des cours, des passages, en d’autres termes desservitudes, qui sont devenues ou deviendront peu à peu des rues, ainsi qu’on l’a vudans la Chaussée-d’Antin et les quartiers qui l’avoisinent.
Tout ce qui précède démontre clairement les avantages du plan cavalier et lafacilité toute particulière qu’il présente pour étudier les transformations succes-sives d’une ville ou d’une région. Cette vérité, nous le répétons, a été reconnueau siècle dernier, et des tentatives sérieuses ont été faites pour amener le plancavalier à un degré satisfaisant d’exactitude géométrique. Si elles n’ont pas abouti,c’est que la main qui dessinait ou gravait n’était pas celle qui écrivait; et puisaussi, il faut le dire, l’esprit positif et analytique du temps présent, qu’on pousse