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PLANS DE RESTITUTION.
premières sont généralement heurtées, parce que, le plus souvent, c’est la violencequi les opère; les autres, insensibles pour les observateurs superficiels, passentordinairement inaperçues, parce qu’elles sont la conséquence des mouvementsimperceptibles qui conduisent, plus ou moins vite, les sociétés de la jeunesse àla virilité, puis à la vieillesse et enfin à la décrépitude. Le topographe investiga-teur retrouvera les traces de ces transformations du corps social dans les disposi-tions diverses et successives que les besoins sociaux amènent forcément pour leshabitations, la police et les arts, besoins qui se manifestent par la forme et ladestination des édifices. Les moyens de défense ou d’attaque, les fortificationssous toutes leurs formes, sont des causes impérieuses qui bouleversent les loisde la propriété et renversent ce qui fait obstacle à la sûreté publique, sans sepréoccuper du préjudice causé aux intérêts particuliers. On peut comprendre,après cet exposé, combien il faudrait de plans différents pour préciser ainsi lestransformations de certains quartiers.
Époques successives. Obligé de nous restreindre, pour rester dans les limites du vrai ou du vraisem-blable, nous allons indiquer les époques qui nous paraissent assez distinctes,assez caractérisées, pour motiver l’étude et l’exécution d’un plan cavalier.
i° Paris à l’époque de ïavènement des Capétiens, ou, pour parler plus exactement,sous le règne du roi Robert (996-1081).
Ce monarque était bâtisseur, comme l’avait été Dagobert, et comme le furentCharles Y et Louis XIV ; cela se conçoit, quand on se reporte aux événements quiont précédé ce règne, et aux ruines nombreuses que tant de guerres intestines du-rent causer. Sauf les biens des monastères, un peu plus respectés que les autres,les partis ennemis dévastaient tout; il fallait donc rebâtir dès que le calme renais-sait. L’époque de Robert comprend nécessairement les enceintes antérieures à cellede Philippe-Auguste , et donne encore des vestiges du Paris des Carlovingiens.
2 0 Paris à l’époque de Philippe-Auguste (1180-1228).
Le moment choisi est celui où se termine l’enceinte que le Roi ordonna de cons-truire avant sa croisade, et qu’il acheva à son retour. De toutes les clôtures quientourèrent Paris , c’est peut-être celle dont on a retrouvé le plus de vestiges cer-tains. En effet, elle fut, au bout de peu de temps, enserrée dans des constructionsparticulières, tellement qu’on avait beaucoup de peine à en maintenir libres la