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gnements sur la topographie parisienne au xiv e siècle. Commencer par cetteépoque, c’est s’établir sur un terrain solide, pour éliminer ensuite tout ce que desdocuments plus anciens nous prouveront n’avoir point existé. C’est aussi le mo-ment où les dénominations des rues, des quartiers et des régions commencent àprendre une certaine fixité, par les mentions fréquentes qui sont faites de loca-lités, évidemment les mêmes, mais reprises dans divers écrits, actes ou récits,sous des noms différents. Cette diversité constitue un écueil pour le topographe,qui ne peut fixer sur un plan l’idée suggérée par les textes écrits. Un croquis,rapporté sur un plan exact du lieu, îlot, quartier ou région, en apprend plusque toutes les dissertations écrites; car, ainsi que nous l’avons dit, les vieux quar-tiers de Paris n’ont pas sensiblement changé de forme, pour tout ce qui regardele réseau des rues et même les limites des parcelles bâties. Grâce au respect quel’on avait pour la propriété noble ou roturière, on peut, dans les actes civils ouadministratifs qui ont consacré les transactions, retrouver la situation et établirl’identité d’un lieu ou d’un bâtiment. L’œuvre est difficile, mais réalisable; les res-titutions de M. A. Berty n’ont pas d’autre fondement.
Aux xiv e et xv e siècles, on peut préciser la situation et la dénomination très-variable des rues; nouveau motif de commencer à cette date la série des planscavaliers. Sans doute les rues ne portaient point alors de plaques indicatives, etdes séries de numéros n’aidaient point le passant à trouver une maison dans ledédale des rues de la vieille cité. Pour se guider, on ne pouvait que nommer larue par l'endroit où elle conduisait : ainsi en était-il des rues Saint-Denis, Saint-Martin, du Temple, Montmartre , etc. Une telle désignation suffisait, parce quetout le monde voyait clairement les localités ou les édifices dont il s’agissait. Lamême rue se partageait souvent en tronçons plus courts; on disait la rue de laPorte-Paris (ou de F Apport-Paris), la rue Saint-Lazare, etc. pour désigner cer-taines parties de la rue Saint-Denis; la rue Planche-Mibray, la rue des Arcis, pourcertaines parties de la rue Saint-Martin; la rue Barre-du-Bec, Sainte-Avoye, etc.pour la rue du Temple. Sur la rive gauche, les rues Saint-Jacques et de la Harpeavaient autant d’appellations que de tronçons coupés par les rues transversales.
Les petites rues n’eurent d’abord pas de nom; c’est à l’époque où nous nousplaçons que l’on commença à leur appliquer le nom de leurs habitants, ou desmétiers qu’on y exerçait. Auparavant, on ne pouvait le faire, attendu que lesriches bourgeois évitaient la notoriété, et que la plupart des îlots étaient formés parun grand hôtel, flanqué de murailles élevées, ou de petites maisons collées aux