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Paris en 1380 : plans de restitution ; histoire générale de Paris / par H. Legrand
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PARIS EN 1380.

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gnements sur la topographie parisienne au xiv e siècle. Commencer par cetteépoque, cest sétablir sur un terrain solide, pour éliminer ensuite tout ce que desdocuments plus anciens nous prouveront navoir point existé. Cest aussi le mo-ment les dénominations des rues, des quartiers et des régions commencent àprendre une certaine fixité, par les mentions fréquentes qui sont faites de loca-lités, évidemment les mêmes, mais reprises dans divers écrits, actes ou récits,sous des noms différents. Cette diversité constitue un écueil pour le topographe,qui ne peut fixer sur un plan lidée suggérée par les textes écrits. Un croquis,rapporté sur un plan exact du lieu, îlot, quartier ou région, en apprend plusque toutes les dissertations écrites; car, ainsi que nous lavons dit, les vieux quar-tiers de Paris nont pas sensiblement changé de forme, pour tout ce qui regardele réseau des rues et même les limites des parcelles bâties. Grâce au respect quelon avait pour la propriété noble ou roturière, on peut, dans les actes civils ouadministratifs qui ont consacré les transactions, retrouver la situation et établirlidentité dun lieu ou dun bâtiment. Lœuvre est difficile, mais réalisable; les res-titutions de M. A. Berty nont pas dautre fondement.

Aux xiv e et xv e siècles, on peut préciser la situation et la dénomination très-variable des rues; nouveau motif de commencer à cette date la série des planscavaliers. Sans doute les rues ne portaient point alors de plaques indicatives, etdes séries de numéros naidaient point le passant à trouver une maison dans ledédale des rues de la vieille cité. Pour se guider, on ne pouvait que nommer larue par l'endroit elle conduisait : ainsi en était-il des rues Saint-Denis, Saint-Martin, du Temple, Montmartre , etc. Une telle désignation suffisait, parce quetout le monde voyait clairement les localités ou les édifices dont il sagissait. Lamême rue se partageait souvent en tronçons plus courts; on disait la rue de laPorte-Paris (ou de F Apport-Paris), la rue Saint-Lazare, etc. pour désigner cer-taines parties de la rue Saint-Denis; la rue Planche-Mibray, la rue des Arcis, pourcertaines parties de la rue Saint-Martin; la rue Barre-du-Bec, Sainte-Avoye, etc.pour la rue du Temple. Sur la rive gauche, les rues Saint-Jacques et de la Harpeavaient autant dappellations que de tronçons coupés par les rues transversales.

Les petites rues neurent dabord pas de nom; cest à lépoque nous nousplaçons que lon commença à leur appliquer le nom de leurs habitants, ou desmétiers quon y exerçait. Auparavant, on ne pouvait le faire, attendu que lesriches bourgeois évitaient la notoriété, et que la plupart des îlots étaient formés parun grand hôtel, flanqué de murailles élevées, ou de petites maisons collées aux