Buch 
Paris en 1380 : plans de restitution ; histoire générale de Paris / par H. Legrand
Seite
12
JPEG-Download
 

12

PLANS DE RESTITUTION.

jardins de cette riche demeure. Pour les maisons de marchands, les enseignes furentdabord sculptées et en alignement, parce que lindustrie et le commerce, encorerestreints, navaient pas besoin dattirer le regard; ensuite elles avancèrent surla rue, en forme de potences, et devinrent si grandes quil fallut réglementer leurtaille, leur hauteur au-dessus du sol et leur saillie; dans certaines rues, ellesobstruaient littéralement le passage et le jour. On voit encore, sur les livres decette époque, et jusquau milieu du xviu e siècle, les adresses des libraires longue-ment exprimées, et désignant, pourpoint de repère, soit une enseigne connue,soit un édifice remarquable.

i38o, Il faut saisir un moment précis et bien arrêté, si lon veut pouvoir justifier la

opaque parfaitement

caractérisée. représentation, dans un plan cavalier, de telles ou telles parties, de tels ou telsédifices dont lexistence se date par des documents chronologiques. Ainsi, commenous lavons dit plus haut, lachèvement de lenceinte de Philippe-Auguste ( 1211 ), est une de ces époques; la construction de lenceinte de Charles V (i38o) enindique une autre. Au moment se termine la clôture du xm c siècle, on peutapercevoir les parties non encore bâties quenveloppait lenceinte, parties plustard couvertes de maisons, et en outre les terrains laissés hors des murailles. sélèvent bientôt, surtout dans le voisinage des portes, des constructions des-tinées à des auberges ou hôtelleries, ainsi quà des dépôts de marchandises, ou bienencore des bourgs, dans lesquels se réfugient ceux qui veulent se soustraire auxcharges assez nombreuses quentraîne la résidence à lintérieur dune ville (1) .

Pareillement, à lépoque lenceinte de Charles V vient dêtre terminée, plu-sieurs palais se bâtissent et différents quartiers sachèvent. Le pont Notre-Damenest point encore reconstruit, et le passage du grand bras de la rivière seffectue

<l) Les charges de Ville, à lépoque dont nousnous occupons, étaient plus lourdes que dans lestemps antérieurs. O11 avait dabord les droits sei-gneuriaux, connue partout, la taille et ses an-nexes , les droits que les denrées alimentairespayaient aux Halles, et qui se partageaient entre leroi et lévêque, le service militaire, indépendam-ment du guet (sorte de service de police l'ait par lesbourgeois, à tour de rôle et par quartier), pourlequel il fallait payer, si lon ne se présentait pointaux jours fixés. À cela sajoutaient les charges im-posées par la commune, charges qui augmentèrentà mesure que les Corporations et la Municipalitédevinrent plus puissantes. Cétait le citadin qui

payait les fortifications, de son argent ou de sesbras; souvent il contribuait pour payer une ran-çon de roi ou de général, par exemple celle de Du-guesclin. Toutes ces charges, sauf les redevanceset le guet, nétaient que passagères; mais plus onembellissait la Ville, plus les bourgeois simpo-saient, ce qui obligeait les petites gens à se logerdans les faubourgs, ils pouvaient vivre à meil-leur marché et exercer librement leur industrie.Cest à cette circonstance que les monastères eætra-muros durent laccroissement constant, a partir duxiv" siècle, des bourgs qui les entouraient, et quise peuplaient dartisans fuyant les privilèges descorporations urbaines.